DES ANIMAUX. I.Partik. Chap.III. j^i
eher, elles ne laisient pas d’etre facilement penetrees par les objets dutrablespargout, qui sont des fels , qui peuvent lorfqu’ils fönt remuez emouvoir une h“-le nerf Lt y faire une impreffion süffisante pour la sensation ; or le sbi^tWe ~Kioyen de faire , que les fels enfermez dans toutes les choses qui ont des felsdu gout regoivent ce mouvement qui les rend sensibles a l’organe du favou-gout, consiste dans leur dissolution , que caufe la faliv'e qui s’engen- reux;;dre dans une infinite de glandes , qui fönt dans la langue 6t dans legosier, & que l’on doit fuppofer etre un dissolvant general de tous cesfels. Et il y a lieu de eroire que si nous n’avons point de gout pourquantite de choses, que les autres Animaux aiment, cela vient de ce ;que notre ialive n’est pas capable de dissoudre les fels que la leur dis- -soud.
De la m£me rnaniere les nerss de l’odorat fönt recouverts des mem- c d' eSbranes, qui fönt auffi penetrables aux vapeurs odorantes, mais c’est 1 od °^ L ya _par un autre moyen : car comme les choses ont generalement une fa- p^ irs a ccilitc de s’insinuer parmi celles qui leur sont semblablcs, & qu’unela refpi-eponge un peu moite attire aifement l’eau & s’en remplit prompte- rationjment : de la meine rnaniere les membranes qui fervent ä l’odorat re-qoivent facilement. les vapeurs odorantes , parce qu’elles fönt situeesau-dessus des conduits du poumon 6t de l’estomac, dont incessamment J -il s’eleve une vapeur chaude, qui pour la commodite de la refpiration • -passe par les meines ouvertures qui fönt destinees ä l’odorat ; & cettevapeur penetrant les membranes qui compofent cet organe en tien-nent les pores ouverts pour le passage des vapeurs odorantes. Le mou-v ement 6t l’impulsion que l’air a dans la reipiration fert auffi ä porter'les odeurs für l’organe de l’odorat, 6t cette impulsion fe fait par lesnarines, ou par souveräne qui est au palais. Et en esset il y : a desAnimaux, comme le Cormoran, qui n’ayant point de narines ne re-qoivent les odeurs que par cette ouverture. On a ex perimente qu’unEinen ne fentoit en aueune facon , lorfque lui ayant lie l’apre-artere°n l’öuvrit au-dessous de la ligature, pour faire qu’il ne put respirer' ;que par la playe , cette experience failant voir que saute de l’impul- .sion de l’haltine du poumon les odeurs ne frapoient 6t ne penetroientpas fuffifamment les Organes de l’odorat. *
Le nerf qui fei t ä l’oui'e est auffi couvert par une membrane tendue «lies de ■comme. un tambour: 6t paree que fiimpulsion,que produit le choc descorps qui sont le bruit, est tellement delicate qu’elie feroit tout-a-fiiitamortie,si eile etoit portee 6t tranfmife- au nerf par un corps moinsfub-i’oreill*^til 6t moins mobile que l’air, la Nature a enferme un.air au dedans del’oreille , qui reeevant l’impulsion du mouvement de l’air de dehors lacommunique au nerf. Mais afin que cet air par fon emotion trop ru-de ne puifle blesser le nerf, il y a plusieurs conduits entrelassez en ma-mere de labyrinthe , qui rompent la force 6t l’impetuosite de ce mou-vement j &: pour empecher auffi qu’il ne foit altere par le ffoid.de
Vv Z l’akv *