DES AN IM ATT X. III. Partie. Chap.IJ. 419
äux arbrisseaux les herbes 8c les bourgeons, que les dents de devant I. cncou-coupent ou plütöt arrachent etant jointes avec la langue, parce que la P ant lcsplüpart des ruminans n’ont des dents coupantes qu’ ä la machoire d’en- Jnimau* *bas en forte qu’ ils avallent leur nourriture toute entiere. Or cette qui rum i-Mechanique est considerable , en ce qu’elle donne moyen ä ces Asli-nent,Waux d’arracher plus aisement les herbes tendres , 8c de faire qu’au-'c un brin ne leur echape , les dents dures appliquees contre la langueWolle serrant 8c retenant plus seurement toute l’herbe , que quand des q Ue C pai-Vt-dents sont appliquees contre d’autres dents : parce qye ne fe pouvantculierc.pas toucher par-tout, il y ä beaucoup de brins qui fe trouvent dansles entre-deux des dents qu’elles ne peuvent toucher. Par cette meineraison , st la main de PHomme n’etoit compofee que d’os, eile nepourroit pas tenir si fermement beaucoup de chofes comme eile fait,ayant les parties molles de la chair 8c de la peau mifes entre les os 8cc e qu’elle empoigne. L’art imite souvent cette Mechanique, commequand pour ferrer quelque chofe bien fermement dans un etau d’aciertrempe , ön met du bois entre l’etau 8c la chofe qu’ on lui veut fairetenir. Les Limagons , qui vivent d’herbes, 8c qui les broutent avecdes dents , n’en ont qu’ ä une des machoires, de meme que les Ani«
Waux qui ruminent , mais dies sont ä la machoire d’en-haut.
Lafeconde preparation, que les dents fönt de la nourriture, 8c qui r. enest plus parfaite que la premiere , eft celle que les Animaux, qui ne broyantruminent point, employent en mächant avec les grosses dents avantque d’avaller, 8c que ceux qui ruminent employent auffi, lorfqu’apresavoir garde dans leur estomac quelque temps ce qu’ ils ont avalle fansWacher, ils le fönt revenir dans leur bouche, 8c le machent pour fa-Valler une feconde fois.
Pour ces differens ufages des dents il y en a de trois efpeces, fga-Lesösn»voir, edles de devant, appdlees ineihves, lefquelles sont trenchantes, sont depour couper; edles de derriere appdlees molaires,qui sont plates8cine- tlols e( P e "gales, pour broyer ; 8c celles du milieu appdlees canines , qui sont ’pointues , pour retenir la proye. Ces dernieres sont ordinairement^ avo j r ;plus longues que les autres. Aux Sangliers celles de la machoire infe-les ca-‘rieure sortent de la gueule,8c fe tournent en demi-cercle: dies ne sont ninesjpas rondes comme aux autres Animaux j mais dies sont comme unprifme forme de trois pans , dont il y en a deux droits, 8c le troisie-We rond , 8c leur pointe est formee par la coupe transversale du pris-We, de meme que la pointe des burins; ces dents fönt creuses juf-qu’au bout. Nous avons remarque dans un Animal du Brefil appel-le Coatimondi , qu’ il avoit ces dents non feulement ä trois panscqmme le Sanglier, mais qu’elles etoient fort trenchantes, 8c extraor-dinairement pointues j ce qui n’est pas ordinaire aux dents des Ani-Waux terrestres, comme il Pest ä celles des Poissons, ainsi qu’il a ete re-Warque dans le grand Chien de mer. Les dents du Crocodile sont toutes
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