Band 
Tome second.
Seite
781
JPEG-Download
 

DES FONTAINES, I. Partie. 781

'Mais fur ce pie-lh , que pourroit-il dire a St. Thomas , qui , commemus avons vü , n'est pas de fon avis ? Ce grand perfomage n'ignoroit pasies pajfage de TEcriture , ni ce qu' en ont dit les Commentateurs qumd iisVont expliquee : cependant il na pas laijfe de prendre une autre opinion-,efi-ce qu il a manque de foi pour douter de la Toute-puijfance de Dieu ? e fi-ce qu' il a neglige des autoritez.fi faintes ?

Mais s’il efi vrai , que dans les Ecoles des fheologiens on difpute quel-quefois academiquement de Texistence de Dieu , je croi que Ton pourroit depiime examiner (fi difcuter les pajfages de TEcriture fainte , que notre Au-teur a rapportez , avec les fentimens des Per es de 1'Eglife , (fi les Commen -taires des Theologiens qu' il a cottez ; (fi comme ces DoBeurs ont des prin-cipes fur lefquels on explique le texte sacre ', je ne doute point qu on ne trou-vAt que les induTtions qu' il en tire font foibks , (fi ce mir acie qu' il et abiitmal fonde : c'efl ce que je veux laifier a faire ä ceux de cette profejfion.J’ai parle fur cette matiere dans la difcution de Topinion de Van Helmonr«ou j' ai dit ce qui nfen femble , c efi pourquoi je n'en dir ai pas davantage.

Je ne puis pourtant m'empecher de remarquer ici , ce que j'ai remarqueci-devant , qu'il f aut ou fe fervir des pajfages de !' Ecriture en la forte &■en la maniere qu' iis font , & les prendre ä la lettre & n'y rien changer, ou-bien ne s'en point J'ervir du tout ; pour ce que le changement qu' on y appor-te , ou l'explicat ion qu' on leur donne les change entier ement •, & la confe-quence qu' on en tire , n'etant fondee que fur ce changement ou fur cette ex-plication , n'a pas plus de for ce que la proposition toute nue de celui qui Taallegue. Et de f ait que fert ce paffage qu 1 il allegue ,, une fontaine mon-toit, &c. puis qu' il dit qu il faut mettre un pluriel au lieu d'un fingulier ? 11ne s'en tient donc pas au texte de TEcriture , puis qu' il le change de la fortes(fi puis qu' il avoit envie de le changer , il pouvoit y mettre beaucoup d'au-tres chofes qui euffent fervi au dejfcin qu'il avoit. Mais , me dira-t-on 5cela ne fe f üt pas trouve dans TEcriture-, il efi vrai , aujfi ne trouve-t-onpas dans TEcriture ce pluriel qu' il veut qui y foit.

Olimpiodorus qui veut que dans le pafiage de TEcclefiaste on entendeplufieurs fleuves , au lieu de tous les fleuves efi d'avis , comme nötre Au-tem , de changer dans les pajfages de TEcriture ce qu il trouve faire contrefon opinion (fi st , comme les opinions de chacun font differentes , tout lemonde veut changer a ce texte ce qui ne fe- trouve pas d fon fern ; TEcriturefera change e en aut ant de manieres qu' il y aura de divers fentimens: Maisce qui efi etonnant , est que cet Olimpiodorus est un des premiers Commen-tateurs que notre Autem cite pour foutenir fon opinion , (fi c'efl le premierquT il 'contre dit: cor il n’efi pas de fon avis dans ce changement la , qui faut-il donc croire? Olimpiodorus n'a rien trouve ä redire au-fingulier de , unefontaine montoit , &c. notre Auteur ne veut pas s’en contenter. Olim-piodorus trouve a, redire au mot de , Tous les fleuves, &c. (fi notre Auc-tem s'en contente bien , (fi s'en veut fervir. Ces contradiTlions font forsfacheufes , (fi sauf le refpeSl qu' on doit d tous ces grands performages , Com-

Ggg gg 3 E-