.DES FONTAINES, II. Partie. Sof
tVeaux qui peuvent prendre un autre cours que devers cette Riviere ä cau-fi des pentes irregulieres & contraires , £5? autres tels deckets , pertes £j?diminutions.
Pour ce qui efl de la mesure ou eflimation de Veau de cette riviere nais-[ante , ilseroit mal-aise de la trouver au juste £-? de dire quelle quantiteeile en fournit: Neanmoins autant que j'ai pu juger eile ne peut pas avoirplus de mil ou douze cens pouces d'eau toüjours courante , en compensant lemoins qu' eile en a äsa source avec le plus qu eile en a vers Aynay le Duc ,ce que je juge par la comparaison que je fais de ces eaux avec celles de laRivieres des Gobelins en Vetat qu' eile est vers Virfailles ou eile a cinquän-te pouces d’eau sehn la mesure qui en a ete prise : ainfi j’efiime que ce seraajsez d'en donner vingt-quatre ou vingt-cinq fois autant ä la notre\ carfön canat n'a que quatre ou cinq toises de large , sa profondeur est petite ,eile ne porte point de batteau , £5? ne fert seulement qu' a faire couler desbuches qu' on y jette a bois per du pour les attacher ensemble plus bas £5? enfaire des trains de bois flotte.
Pont es ces choses ainfi supposees , je dis que suivant les mefures dont noussommes convenus ,. douze cens pouces d’eau donnent en vingt- quatre heures ,für le pie de quatre-vingt trois muids d’eau , pour pouce quatre-vingt dix-neufmil fix cens muids d’eau ; £5? durans une annee qui est trois cens fai-xante fix fois autant , ils donneront trente-fix millions quatre cens cinquan-te-trois mil fix cens muids. Cette Riviere ne fait donc couler dans fes bordsdepuis sa source j usque s d Aynay de Duc pendant une annee que ladite quan-tite de trente fix millions quatre cens rinquante-trois mil fix cens muidsd'eau. Or fi je tire cette quantite d'eau des deux cens vingt-quatre mil-lions huit cens quatre-vingt dix-neust mil neust cens quarante-deux muids ,qui fönt dans ce refervoir que nous venons d’imaginer , il en rester a encore ,cent quatre-vingts huit millions quatre cens quarante-fix mil trois cens qua-rante-deux. muids , ce qui monte prefque a cinq fois autant , £5? qui ferspour fubvenir aux pertes , diminutions £5? dechets que nous avons remar-quez.' Il ne saut donc qu' environ la fixieme partie de ce qui tombe d'eau,de pluye £5? de neige pour faire couler cette riviere contimellement durantune annee.
Je ftai bien que cette dedudtion n'a aucune feuretc: mais qui pourroit endonner une qui sät certaine ? Neanmoins quelle que foit celle-ci , je croiqu' eile doit fatisfaire davantage qu une simple negative comme celle d\ Ari-ltote £5? de ceux qui soutiennent , sans fiavoir pourquoi , qu' il ne pleut pasajsez pour fournir ä l'e'coulement des rivieres. Jjuoi qu' il en foit , en at-tendant que quelqu' un fasse des remarques plus precij'es , par lesquelles ilprouve le contraire de ce que j'ai avance ■, je demeurerai dans mä penfee , £Ftne contenterai de cette foible lumiere que nie dornte l'observation que j'aifaite , n'en pouvant avoir de plus grande.
Si donc ces eaux peuvent suffire pour l’ecoulement d’une Riviere , ellespourront suffire pour toutes les autres Rivieres du Monde ä proportion , eu.
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