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Tome second.
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8zr DE L’ORIGI NE

un pie & demi en forme de borne ou pain de suere , comtne il y en ade semblables en plusieurs autres endroits de cerre grotte j fur le hautde cerre borne il tomboit des gouttes d’eau de tems en tems , com-me feroit la duree d’une fecunde; iis me dirent qu’iis ne s’etoient ap-perqüs de certe congelation nouvelle que depuis deux ou trois ans. Jene vis guere tomber d’eau de la voüte en d’autres lieux qu’ en ceuxque je viens de dire , quoi qu’il y eüt de 1’humidite a la plüpart deces pointes 8c culs de lampe; & de fair le chemin fur lequel nous mar-chions n’etoit point moiiille ni gafcheux , mais feulement humide,comme il est ordinairement dans des caves: ce n’est pas qu’il ni ait de1’eau en abondance en quelques endroits, comme ä 1’entree environr ren re toifes avant fur la maiti droite , oü 1’on me sic voir beaucoupd’eau qui formoit ce qu’ iis a pellent 1’etang , lequel commence au mi-lita de la largeur de la grotte & s’etend ä cote jufques au pie de lavoüte qui s’ecarte Lc s’abaisie beaucoup en cet endroit. Cet etangpeut avoir cinq toifes de large fur quinze ou vingt de longueur; jeero i que certe eau vient de la riviere qui n’en est eloignee que de cin-quante ou foixante toifes. Vers le bout de cerre grotte, autant qu’ona pu y avancer, il se trouve auffi de 1’eau repandue dans de differensbassins, que forme l’inegalite du plancher & des pierres de congelationqui le composent, ce qui fair de la dißiculte au pafläge, & enfin l’em-pecbe rour-a fair , parce que le terrain se baisle en cet endroit.& selaifie tout couvrir de 1’eau qui y est : mais on ne voit point d’eau tom-ber de la voüte ; 1’on ne fgauroit dire si l’on est proche du bout decerre caverne a cause de sa grande obscurite que la lumiere des flam-beaux ne peut surmonter. Cette eau comme celle de 1’etang est fortclaire, & de teile sorte qu’on se jetteroit dedans si l’on n’etoit averti;mais le perii ne feroit pas grand , carie pis qui en pourroit arriver se-roit d’etre un peu moiiille. Toutes ces congelations fönt fort blan-ches les figures qu’elles forment font raboteuses & convertes depetites elevations, quelquefois rondes comme celles du chagrin , d’au-tres fois pointues, & piquantes. Cette blancheur n’est qu’une petitecroüte tendre qui resemble a du fuere que 1’on met fur des fruits ouaut re chose , qui est facile a empörter. Quand on casse quelqu’ unede ces pointes eile se trouve percee par le milieu d’un bout ä 1’autre,& 1’on remarque que la matiere s’est misc en rond a 1’entour de cevuide par les differens cercles qu’ eile marque : de meme que les tronesd’arbres en font voir autour de leur moüelle quand on les a sciez. Cet-te matiere est jaunätre & quelque peu semblable a du crystal ou ä dutalque de platre; il est facile a polir, mais ce poli n’est nullement beauä cause de la mollefie & de l’inegalite de la matiere, 1’on ne voit quequelques brillans par endroits comme feroit du fei. La longueur decette caverne ne fe peut juger que par le chemin qu’on y fait, pourceque les congelations dont j’ai parle qui descendent de la voüte en gran-