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La France géographique, industrielle et historique générale et départementale / précédée de notions sur la géographie universelle et comparée avec les autres états de l'Europe par G. Heck ... avec texte de Léon Plée ...
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PRÉLIMINAIRES GÉNÉRAUX.

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§ 9. Les systèmes que nous avons nommés, malgré leur éléva-tion et leur masse, ne donnent pas naissance à des fleuves compa-rables à ceux de l’Asie et de l’Amérique . Les lacs amassés çà et làne sont pas non plus comparables à ceux des autres parties dumonde.

Parmi ces derniers, il faut remarquer en Suisse les lacs deConstance et de Genève , le lac Majeur en Italie , le lac llalatoni en Hongrie, les lacs Vener, Mâlar et Welter en Suède ; le plusgrand est le lac Ladoga, dans l’empire russe ; les lacs Saima,Pajana, Onega et Peypus, dans le même empire, n’atteignent pas: son étendue. Tous ces lacs sont d’eau douce,i Quant aux fleuves, ils descendent à droite et à gauche d’une li-gne de faîte bien déterminée, et qui n’est traversée par aucun! cours d’eau. (Voyez Orographie de la France et Hydrographie.)I On peut la suivre tour-à-tour sur les six derniers que nous avons! nommés, depuis le cap Saint-Vincent d’Espagne jusque près de! l’Oural . Les cours d’eau qui descendent des massifs qu’elle cou-ronne descendent dans quatre bassins maritimes différents;savoir : 1° au S.-E. de la ligne de faite dans la Méditerranée etses branches et dans la mer Caspienne ; 2° au N.-O. de la ligneI dans l’Océan Atlantique et ses branches et dans l’Océan GlacialArctique .

La mer Caspienne reçoit l’Oural, qui sépare l'Europe de l’Asie ,le Volga, qui est le plus grand fleuve de l’Europe , et le Kouma.

La Méditerranée et scs branches reçoivent le Don, qui se jettedans la mer d'Azow, le Dnieper et le Dniester, fleuves russes , et leDanube, fleuve germano-slave, qui se rendent à la mer Noire ; lesfleuves turcs du Marilza et du Vardas, qui se jettent dans l’Ar-chipel; le Pô , YAdige, fleuves italiques, qui se rendent à la merI Adriatique; le Tibre romain, le Rhône gaulois, et 1 ’Ebre espa-| gnol, qui portent leurs eaux à la Méditerranée proprement dite.

! L’Océan Atlantique et ses divisions reçoivent :

1® Descendant des monts hespériques , le Guadalquivir , leGuadiana, le Tage, le Douro, fleuves espagnols, cl la Garonne ,fleuve français; 2® descendant des monts franciques, la Loire ,la Seine, qui se rend à la Manche, et Y Escaut, fleuve franco -belge, qui se rend à la mer du Nord ; 3® naissant dans le systèmeAlpique, la Meuse et le Rhin, fleuves franco -germaniques, quiont la même direction, comme le Weser et YElbe qui arrosenttoute l’Allemagne du Nord ; 4® naissant dans le système britan-nique, la Tamise et YJIumber ; 5® naissant dans le système Scan-dinave, le Glommen et le Golhclbe ; 5® se rendant à la mer Bal-tique , les fleuves Scandinaves de Dama, d 'Ulea et autres, et laTornea, puis la New a, la Duna, le Niémen , la Vishde, quitraverse la Prusse, l’Autriche et la Pologne, et l’Oder , fleuveprussien.

L’Océan Glacial reçoit la Tana, la Petchora , le Kara, qui sé-pare l’Europe de l’Asie, l 'Onega, la Dwina et le Mézen , qui serendent à la mer Blanche .

Les bassins de tous ces fleuves sont en général bien déterminés.Notre cadre ne nous permet pas d’en donner une description dé-taillée : voici l’étendue en lieues géographiques carrées des prin-cipaux :

Bassin du Volga

83

828

Bassin de la Loire

6

640

— du Danube

40

075

— de l’Oder

5

760

— du Don

16

924

— du Douro

4

553

— de la Dwina

16

574

— de la Garonne

4

011

—■ du Rhin

10

902

— du Pô

9

319

— delaVistule

y

946

— du Tage

3

7 72

— de l’Elbe

7

781

— de la Seine

3

436

| Presque tous ces fleuves, et les cours d’eau qui les reçoivent,

I ainsi que les lacs, sont reliés entre eux dans les différents pays1 par des canaux artificiels. Celle grande masse de canaux est une| circonstance très particulière ajoutée par la main de l’homme àla géographie de l’Europe .

§ lu. La climatologie de l’Europe ne répond pas à la loi des! latitudes. Si elle suivait celte loi rigoureusement, l’on n’aurait' sur notre continent (pie trois climats, le chaud au Sud, le tempéréj à l’Est, le. froid au Nord. Mais une foule de circonstances parti-i entières font varier en quelque sorte les climats suivant les loca-j lilés, et souvent réunissent les trois que. nous avons nommés dansun seul pays. C’est donc aux descriptions particulières que nous! renvoyons à ce sujet.

La végétation naturelle générale peut donner une idée de la di-vision climatologique de l’Europe , car la croissance, des végétaux jest partout soumise aux lois de la température. Voici quels en jsont les caractères principaux, d’après le savant prussien, Ch. !Hitler.

« A partir des côtes Sud de l’Europe , jusqu’au 40® parallèle,nous distinguons une première zone, dans laquelle viennent ex-clusivement, et sans les soins de l’homme, le jasmin commun,l'astragale tragacanlhe et le cesle - ladanum. Du 40® au 43®parallèle, seconde zone moins chaude, où l’on trouve le chêne- \liège, le chcne à cochenille, le lenlisque et le câprier commun, jDu 43® au 46», troisième zone caractérisée parle pinpinnier, le ,pin maritime, le chêne nain, le buis, le jasmin blanc et le cyprès.

Ces trois zones forment une première grande région qui suit lesdegrés de latitude. La zone tempérée vient ensuite; elle s’étenddu 46® au 55® au milieu, et se termine à l’E. au 51®, et à l’O. au5G». Ou y trouve le chêne, le sycomore, Yérable commun, lepeuplier blanc, le sureau noir et le mûrier des haies. A cettezone succède celle du sapin perse, de Y if commun, du hêtre et dufayard, de l’orme, de l’aulne commun, du peuplier noir, du guiet du hêtre, qui s’arrête à l’O. au 54®, et à l’O. au 60®. Unesixième zone, plus large, à l’O. qu’à l’E., comprend le chêne vanvre,Yérable plane, Ycpine-vinetle, Yairelle myrlilc. Elle s’arrête àl’E. au 64® parallèle, et àl’E. au 62». La septième région a pourlimites le cercle polaire arctique. On y distingue le sapin, le mé-lèze, le pin sauvage, le peuplier tremble et Yéglantier. Enfin lahuitième zone, au-delà du cercle, ne montre plus que le géne-vrier, quelques saules rabougris cl la bruyère commune. »

Les plantes cultivées peuvent aussi servir à diviser l’Europe enhuit zones, suivant le même géographe. Dans la zone méridio-nale, terminée au N. par le 40® parrallèle, on cultive la canne àsucre, la vigne, le figuier d’Inde et le cotonnier. La seconde vadu 40® au 43®. On y cultive le cotonnier, le caroubier et l’oran -gcr. La troisième va du 43® au 46°. Le mais, Y olivier, le figuieret le grenadier sont ses cultures caractéristiques.

La quatrième zone s’étend de l’O. à l’E., sur le 50® de latitude, jdepuis la Manche jusqu’au 15® méridien, et descend vers le Sud jjusqu'au 40®. Ou y cultive en outre le mais, le melon d’eau, le |noyer, le châtaignier et l’amandier ; la vigne ne dépasse pas leslimites Nord de cette région. La cinquième zone, plus large versl’O. que vers l’E., se termine au 60® parallèle sous le huitièmeméridien, et au 55® “"c sous le soixante-deuxième méridien;

le pommier et le poirier la caractérisent. La sixième zone com-mence ou finit la précédente, et s’élargit plus à l’E. qu’à l'O. Ellese termine par un arc de cercle qui coupe le e sous le

trente-septième méridien. Le cerisier, le, prunier, le froment, lepotiron et le houblon ne viennent pas plus loin au Nord. La sep- ;tième zone commence ou finit la sixième, et s’étend de l’O. à l’E., jdu 10® au vingtième méridien, et se termine vers le. 64® de longi- jtuile. L'avoine, le concombre et le chanvre y viennent encore ; de \celte zone au cercle polaire s’étend la huitième, ou l’on cultive là, ipour la dernière fois, le lin, Yorge et le seigle. i

Au-delà du cercle polaire, la pomme de terre, l’angélique et lafraise résistent aux froids hyperboréens. ;

§11. L’Europe ne contient pas de déserts proprement dits ; ony trouve cependant de grands espaces couverts de bruyères, de 1landes ou de, marais, et des steppes.

L’empire russe contient le plus de ces dernières : telles sont lesgrandes steppes du Volga, de la Crimée et de. la Petchora . LeNortland, la Laponie , la Golhic occidentale renferment de vastesplaines neigeuses; la Hongrie a despulvens très étendus; les landesde France sont célèbres.

Les territoires de l’Europe sont très diversement fertiles, et ilserait difficile de les distinguer d’une manière rigoureuse. La partiela [dus féconde, quoique bien moins exposée que beaucoup d’au-tres, est le territoire, de la Russie centrale et méridionale, couvertdu plus riche humus végétal que l’on rencontre à la surface del’ancien continent, et, dit-on, du monde entier.

Nous citerons encore pour leur beauté les vallées du Pô, duhaut et bas Rhin, du bas Danube et du Danube , moyen, de laMeuse, de la basse Seine, la vallée du haut Rhône et le versantde celle du bas Rhône, les innombrables vallées de la Suisse , duTyrol, de. la Savoie, du Rrescian, d’Aragon, Catalogne, Navarre et Grenade, des Pyrénées , du Dauphiné, etc.