INTRODUCTION,
XXXI
Nous plaçons ici, pour ne rien diviser, des détails sur l’effectif denoire marine marchande, ces détails prouvent d'une manièreaffligeante combien nous avons il envier sous ce rapport à nos voi-sins d’oulre-Munche, quoique la France soit considérée comme latroisième puissance commerçante du monde.
Etat ue la
MARINE MARCHANDE EN 1830-
Bâtiments de 800 tonneaux
1
Bâtiments de 300 â 400 tonneaux. 213
-d,. 700 a 800 -
2
-«le 200 à 300 —
575
-«le 400 à 700—
2
-«le 100 à 200 —
1,251
-de 500 à 600—
12
■- (le 00 â 100 —
1,477
- de 400 à 500—
08
- Au-dessous
11,648
15,249
l’uis, il y a un certain nombre de bateaux à vapeur remor-queurs ou faisant des voyages réguliers d’un port à l’autre.
Ces 15,21!) navires, jaugeaient ensemble 085,011 tonneaux. Lamarine marchande anglaise, au contraire, se composait à la'mêrneépoque de21,500 bâtiments, jaugeant ensemble 2,018,000 tonneaux.Quelle différence immense !
l.c mouvement maritime de la pèche lointaine n'est guère pins satisfaisant. Kn1883 , 106 navires jaugeant ensemble 51,915 tonneaux, s’occupèrent de la pèchede la morue : ils étaient montés par 10,172 marins. 95 seulement, de 11,803 ton-neaux, lirrnl celle de la baleine, ils étaient moulés par 1,165 marins. Hâtonsnous de dire : que pour la pêche côtière ou pelile pèche, aucun pays ne l’em-porte sur le noire proportion gardée. M heuoislou de Chair,uuieul estime sonrevenu à 12,500,000 le., et celle de la grande à 7,000,000 seulement.
four le mouvement des forts, nous renvoyons le lecteur au Tableaurécapitulatif du mouvement de ta navigation, page suivante.
COMMERCE, AGRICULTURE, INDUSTRIE, TRAVAUX PUBLICS.
Celte branche de la prospérité la plus importante, est depuis peu en France l’objet de la sollicitude attentive du gouvernement
et des chambres. Un ministre particulier en surveille les divers services, et des conseils généraux du commerce, de l’agriculture et del’industrie sont annuellement convoqués pour donner leur avis sur les améliorations à introduire. Ils reçoivent l’avis des chambres de com-merce des principales villes du royaume et des conseils généraux des départements, cl sont composés des hommes les plus distingués, lesplus spéciaux dans la matière.
§ 1. Commerce.
Le commerce général français , un instant le premier de l’F.u-rope et du monde, aussi bien pour retendue «pic pour l’activité,n’a plus aujourd’hui que le troisième rang. La perle de belles etflorissantes colonies ; de longues années d’une guerre à mort avecla jalouse Angleterre; l’élévation, favorisée par nous-mêmes, d’uneseconde puissance maritime <‘t comimrciale dans la ji'iine Amé rique , l’ont empêché de suivre l’essor brillant d’une industrie, misepour ainsi dire au Jéli de pourvoir seule aux besoins du pays.C«’lte époque, si glorieuse pour nos armes, de la république et del’empire , eut les plus tristes résultats pour notre marine mar-chande qui, avant 178!), non-seulement nous approvisionnaitseule «le productions coloniales et étrangères ( ce qui n’est plusaujourd’hui), mais encore portail les productions de notre sol etde noire jeune industrie à beaucoup de villes cl de ports étran-gers. Alors l’inmpic importation du sucre et du café rcprésonlailune valeur de deux cent millions de francs, sur laquelle nous re-cédions av«‘c bénéfice à l'Europe pour près de cent cinquante mil-lions. D’autre part, il est vrai de dire, qu’alors aussi le cabotage,c’est-à-ilirc le commerce entre ports français parles petits bâti-ments nationaux qui prennent le nom de caboteurs, n’égalaitpoint la moitié de celui d’aujourd’hui. Le commerce spécial, c’esl-à-dirc le commerce «pii exporte des denrées ou marchandisesfrançaises , ou «pii importe des denrées ou marchandises étran-gères pour la consommation spéciale du pays, était pareillementau-dessous du commerce spécial actuel, surtout pour k's expor-tations; et cela se commit sans peine en pensant , que nous nepossédions pas alors ces milliers de fabriques de tous les genres«pii produisent tant et à si bas prix, et ne demanderaient pasmieux «pi’â encombrer les marchés du monde à l'instar de l’Angle-terre, si celle-ci ne nous avait précédés partout. C’est ainsi «pienous avons beaucoup d’articles d’exportation presipie inconnusavant 178!), tels que les produits cbimiipies, les papiers et un grandnombre d’autres fabrications ; nous exportons pour une valeur in-linimcnt supérieure de tissus, l.es articles «l’importation, au con-traire, ont peu varié. Ce sont toujours des produits et dépouillesd’animaux, «les denrées eolouialcs, dont toutefois le chiffre abeaucoup diminué dans les derniers temps , des textiles, etc.
Le Tableau suivant résume la valeur totale en livres de nos importationset exportations avant 1781).
nil'OItTATIOXS. I.Xl’Olt TATIONS.
«■11 1787. 6311,871,700 liv. 111,611,100 liv.
«mi 1788. 575,393,100 103,150,700
«ai 1789. 031,365,000 138,177,000
Les produits manufactures entraient dans ce total, quant à l'importation etl'exportation pour les sommes suivantes :
IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
<11 1787. 120,320,700 liv. 151,038,100 liv.
en 1788. 09,009,000 150,301,800
en 1789. 62,025,000 150,589,000
Quand au commerce de transit spécial et général, il s’est totale-ment transformé. La création «1e tant de canaux et de routes l’ontélevé à un degré remarquable. 11 s’est régularisé sur tous lespoints : ses entrepôts sont à demeure et disséminés sur la surfaceentière du pays. Ce ne sont plus de camps volants comme ceuxque le commerce intérieur avait autrefois dans les foires , alors ilest vrai «:t nécessairement bien autrement brillantes et fréquen-tées.
De même qu’il y a eu de notables changements dans les genresde commerce, de même il y a eu «les changements dans les villesqui étaient renommées, soit pour le commerce «lu transit, soit pourle commerce intérieur. Telles, comme Bordeaux , ont beaucoupperdu ; telles , comme le Havre , ont immenséim'iit gagné; tellessurtout, à l’intérieur , comme St-F'.tienne, Mulhausen sont sortiesdu néant. ( Voyez pour plus «1e détails les tableaux di's départe-ments : Souvenirs historiques.)
four faire concevoir l'importance actuelle de notre commerce engénéral, nous ne pouvons mieux faire que «le pincer ici divers ta.bh’aux récapitulatifs, tirés des documents officiels publiés an-nuellement, par les soins «le l’administration des douanes, l.es lec-teurs trouveront à l’article Productions agricoles cl manulaelu-rières des tableaux descriptifs «les départements et colonies, ce«pii ilistinguel’agriculture et l’industrie dans cbatpie département.Nous n’avons à ajouter ici «pie ipii'hpies généralités importantes.
Les Places de Commerce les plus remarquables du pays sont :| 1° sur le littoral, à partir du nord :
! Dunkerque , Calais , Boulogne, Dieppe , le Havre, Granville ,
| Sl-Malo, Brest , Paimbœuf, Nantes , La Rochelle , Lorient ,
Bordeaux , Bayonne , Agile, Celle, Marseille , Toulon ,Sl-Tropcz, Bastia .
2° Dans l’intérieur :
Paris , I.von, Boeen , St-Etienne , Beaucaire , Aix , Nîmes,Carcassonne , Montpellier , Béziers . Perpignan , Lille , Nancy ,Strasbourg , Mulhausen, Gray, Toulouse , Orléans , Caen .
Los principaux ai'ticles d'importation sont :
Chevaux, bêles à cornes, suif, pelleterie, laine, cire.
Soicécrue, tabac en feuilles, toutes sortes «le bois, huile, chanvre,coton, indigo, sucre, café, cacao, épiceries,j Fer, étain, plomb, cuivre, argent, or, soufre, pierres lilhogra-i phiques
Les principaux articles d'exportation sont ;
Vins,eaux-de-vie, fiuits divers, pierres meulières, sel, fer ouvré, or-fèvrerie, horlogerie, porcelaine, glaces, parfumerie.
Etoffes de laine et de soie, elraps, toiles, tissus de colon, rubans,dentelles, objets de mode, meubles cl chapeaux, papiers, livres,gravuivs et lithographies, cartes géographiques.