IDE’ E GENERALEqu’on ne peut imiter, sans passer pour pla-giaire; & un trait d’esprit qui n’a plus riende ÍHtprenant ni d’agréable. Cette réflexionjointe à"la difficulté qu’on devinera bien quej’ai eûé à observer la rigoureuse loi de lavrai-semblance dans mon Histoire, persua-dera ceux qui la liront que j’ai envié plusd’uncfois à Lucien cet heureux expédient;
A je n’en disconviendrai pas. Mais j’ai-joûteray qu’une seconde réflexion m’auroitinfailliblement déterminé à un autre parti,que celui-là quand j’aurois pû d’ailleurs leprendre avec bien-séance. Je suis Philosophe& la profession quejefaisdel’étre, ne me per-met pas de m’accommoder d une telle con-duite. Le caractère d’unPhilosophe,c’est dedire toujours ou de s’imaginer dire toûjoursla vérité ; ou du moins de vouloir toujourssembler la dire. M’en écarter de gaieté decœur, & affecter de paroître le faire, poursuivre l’exemple du plus grand ennemi queles Philosophes aient jamais eu, ç’auroit étésoutenir mal une qualité dont je me sais très- jgrand honneur. Ainsi je n’aurois eu garde jde me servir jamais d’un pareil debut,&de \faire entendre à mes lecteurs, comme Lu- ,cien, que tout ce que j’avois à leur direé- '■toit faux. Je les avertis même des à présentque j’ai une intention toute contraire, & queje prétends donner à mon Histoire un air devérité, qui feroit capable de persuader auxplus incrédules, que tout ce que j’y racon-te est asseurément vrai, n’étoit le préjugéavec lequel on la lira: & qui fera qu’avcc
toute