tí Voiage du Monde
sa fantaisie , & se donne la liberté d’ajoûter 8cde retrancher ce qui lui plaît dans celui qu'il afait, & qui est un deceschef d’œuvres ausouelson ne peut toucher fans gâter tout. Depuis lamort de l'illustre M. Clerlelier, je n'écris plus à 1personne. Je c roi que le pur Cartésianisme a étéenterré avec lui.
Vous étés admirables, lui dis-je, vous autresMessieurs. Toutes les Préfaces de vos Livresfont pleines d’invectivcs 8c des railleries contreceux qui s’attachent aveuglément aux fentimensd’un Auteur, & qui font profession de ne l’a-bandonner jamais. II semble que vous aïez fait, 1avec tous les autres nouveaux Philosophes, uneligue offensive contre les Sectateurs d’Aristote, 1pour les battre continuellement fur ce point. Etdans le tems que vous leur faites ce reprochevous tombez dans le même défaut, paroissansplus entêtez cent fois de Descartes, qu'ils ne lefont d’Aristote Pour moi je ne fçaurois blâmer,en cela la conduite de ces Cartésiens un peu mi-!tiges, contre lesquels vous vous chagrinez. Sileur raison leur montre un autre chemin que çç«lui que M. Descartes a tenu, pourquoi ne vou-)ez-vous pas qu’ils le suivent? Aristote, étoit enpossession depuis un très-long-tcms de domineren Philosophie. Plusieurs siécles lui avoient con-firmé la qualité de Prince des Philosophes. M.Descartes est un rebelle, qui a fair un parti con-tre son Prince. Quel droit a-t’il d’exiger qu’on'ait plus de soumission pour lui, que lui-mêmen en a eu pour Aristote?
C’est, répondit-il , que la vérité 8c la raisonsont manifestement de son côté. Voilà juste-ment, repris je", la premiere démarche que fontles factieux, de faire valoir la justice de leur cau-se, & de montrer que l'interêt del’Etaty est atta-ché