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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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Si Voiage du Monde

changer les essences des choses: que les propo ;idKjKt'. i.íìtions, qu’on appelle nécessaires, nesont vraies,que, parce que Dieu le veut, & qu’aìnsi, siDieu avoit voulu, comme il pouvoit le vouloir;que deux 8r trois ne fussent pas cinq, cette pro-,position, Deux & trois font cinq, seroit main-tenant fausse. Quand Descartes avance ce para-doxe, il affecte de faire paroître un grand respect,& une grande soûmiffionpourla toute puissance íde Dieu , 8c se fâche même contre les autres jPhi’osophes, 8c les accuse presque de hlasphé- jme, parce qu’ils osent dire que Dieu ne peut pasfaire, que deux 8c trois ne soient pas cinq. Ce-pendant quand on fuit un peu Descartes, on s’ap-perçoit bien,que ce u’est pas tout-à-fait par dé-votion , qu’il soutient cette thèse , mais, que, c'est patce qu’on conclut évidemment cette pro-position absurde de quelques points de fa doctri-ne. Admettre une préposition aussi dure quecelle là , par contrainte , 8c comme une con-clusion qui fuit évidemment d’un principe qu’ila poíé, cela ne lui auroit pas fait d'honneur, 8rauioit fû rebuter les gens: c’est pourquoi il apris le parti de nous prévenir, de faire lui-mêmele faut, 8c de s’étonner le premier, que les Phi-losophes eussent eu la témérité, de mettre ainsides bornes à la toute puissance de Dieu. Jen'examine pas maintenant l'abfurdité de cetteproposition: je n'entreprends pas de relever tou-. tes les bévciies de ce prétendu héros de la Philo-sophie, 8c il seroit trop glorieux de sçavoir, queje me fiífe une affaire de le critiquer. Mais endemeurant dans le sujet, dont il s’agit, je dis,que quand tout ce quej'ai avancé contre fa Mé«

" thode, seroit faux: que, quand tous les argu-ment. dont on l’a combatuë dans le monde,seroicnt nuls -, ce paradoxe seul le renverse entie-