Buch 
Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
Entstehung
Seite
92
JPEG-Download
 

9r. Voiage duMonde

je n’ai pas l’esprit occupé d’idées triste, commevous le pensez. J’en suis ravi Monsieur, lui dis-'je: car la gaieté n’.est jamais plus nécessaire qu’envoiage. Mais puistjue nous sommes tombez parhazard fur I essence de l ame, expliquez-moije vous prie, un peu nettement ce que M. Def^cartes enseigne là-de(Tus. Tout pur esprit queje suis, je ne vois pas encore trop clair dans monessence ,& j’en fuis fqrpris. C’est mauvais si-’gne, répondit-il, cela veut dire, que vous a-vez encore l’esprit offusqué dé préjugez, commeje ne l ai déja que trop remarqué Et je vois bien 1que ce fat, que nous venons de rencontrer, vousa donné encore de nouveaux scrupules par fcssophismes. Monsieur, repris-je, pour ne vousrien déguiser, je vous dirai franchement la dis-position d'esprit, où je me trouve. Je suis ravide rencontrer des gens qui contredisent la Philo-sophie de M. Descartes : cela m’ouvre l’esprit.’Mais quelques fortes que leurs raisons me pa-roissent, je ne m’y rends pas; & je conservetoûjours une parfaite docilité pour les instruc-tions de ce grand esprit; en car qu’il ait le loisir& la bonté de m’en donner quelques-unes ,quand j’aurai l'avantage de le voir. Pour la plu-part des préjugez de l’école & de l’enfance . je,m’en fuis défait, ainsi que je vous en ai assuré ,avant que de me séparer de mon corps. J’avouëtoutefois, qu’il m’en est resté quelques-uns furPessence du corps, & fur l’essence de l ame,que j'ai peine à appe'ler de ce nom; dans la si-gnification que vous lui donnez; parcequils meparoissent sondez fur l’expérience, & fur de gran-des raisons. J’ai pourtant trop de respeéì pourM. Descartes , pour m’assurer entierement, queces préjugez ne soient pas faux: ainsi je me con-tente de rcconnoître, pour parler en termes d e