rzr Voiage nu Monde
*on, où la petite Lune se devoit trouver dansleiconjonctions, & dans les oppositions, étoit leplus petit de tous, & qu’au contraire, celui oùelle devoit se rencontrer dans les quadratures é-toit le plus grand, il nous étoit évident, que lapression & 1'enfoncement des eaux dévoient êtrebeaucoup plus grand dans les conjonctions, &dans les oppositions, que dans les quadratures;& par conséquent, que la Mer devoit pour lorsse répandre avec plus d'impettiosité & de vé-hémence vers le rivage , c’est-à-dire , que lesmarées dévoient être b.aucoup plus gran-des aux nouvelles & aux pleines Lunes , quedans les autres tems; & aux Equinoxes, qu'auxSolstices, comme il arrive en effet dans nôtreMonde.
Ensuite il nous fit voir tous les Phénomènesparticuliers du flux & du reflux fondez fur lesmêmes principes, & nous fit remarquer fur tout,la raison pourquoi on ne doit point voir de flux ,Lc de reflux dans les lacs £c dans les étangs, quel-que grands qu’ils soient à moins qu’ils In’aientquelque communication avec la Mer. Parceque disoit-il , ces lacs & ces étangs, s’ils fontau de là des tropiques, ils ne font jamais pressezpar la Lune, & pour ceux qui font fous la Zonetorride, entre les Tropiques , ils ne couvrentpas de si grandes parties de la Terre, qu'uncòtéde leur superficie soit jamais beaucoup plus pres-sé que l’autre par le Globe de la Lune. Or cetteinégalité de pression est Punique cause de cettevicissitude de mouvemens, que nous appelionsflux & reflux.
Cette explication me charma ; & certe ma-nière de rendre raison du flux & du reflux est sicommode, que ceux qui démontrent à M. Des-