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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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178 Voiacïdc Monde

remarqué que M. Descartes se sert de sems euteins fort à propos pour éblouir son Lecteur, Selui cacher le foible de quelque conclusion né-cessaire à son systêine , qu'il sent bien , maisdont il ne veut pas qu’on s’apperçoive. Caralors il apporte quelque comparaison plausible:qui lui sert à préparer l’esprit & à apprivoi-ser, pour ainsi dire, [‘imagination du Lecteur,quoi que quelquefois elle ne fasse rien pourle point principal de la difficulté; il y ajouteaussi-tòt, pour h soutenir, quelque raison ab-straite; que peu de gens peuvent , ou veulentse donner la peine d'aprofondir ; prévoiantbien, qu’étant déja à demi gagner par la com-paraison, ils se rendent ai.ément à quelque pe-tite apparence de vérité, qu’il leur fait entre-voir dans fa raison , qui souvent n’est au fondqu'un vrai sophisme. Et pour ce qui est de celle-ci ; qu'importe, que de petits corps , qui enpoussent un plus grand , aient divers niouve-mens? Qu'importe, qu'ils ne lui communiquentpas tous ces divers mouvemens, pourvû qu’ilaient assez de force pour le pousser , qne cecorps ne leur fasse nulle résistance, qu’ils Rac-cordent tous , comme on.le suppose ici avecM. Descartes, à lui communiquer le mouvementdont il s’agit, 8c qu’on les conçoive tous appli-quez à fa superficie, de manière à le pousser versl’endroit, où ils font eux-mêmes poussez. Car,certes, dans ces circonstances, on conçoit, qu’ildoit aller aussi vire%}u’eux.

« Cependant d'un principe auffi peu établi quecelui là, il conclut que la marié e céleste doitfaire tourner la Planète autour de soncentie, 8ccomposer un petit ciel autour d’elie , qui se ré-rnuë en même tems, que le p'us grand. Maisne lui disputons point cette supposition , toute

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