ConnoissancebesBestes. 41une fois placées dans le monde , comme elles lelont, elles puissent en vertu de leur feule com-position & des seuls ressorts qu’elles renferment,faire tout ce que nous leur voyons faire àl’ex-térieur. Dans toutes les deux hypothèses ontrouve le principe de ces discours suivis Lc.de cesactions suivies.
Vous n’en reconnoissez point d’autre dansles bêtes que l’artifice de la machine travaillée dela main toute-puissante du Créateur, & vous enadmettes un dans l'homme distingué de cet artifi-ce ; & moy je soûtiens qu’en philosophant selonvos principes, vous devezjuger.de l'un commede l’autre. Voyons encore qui a raison de nousdeux. Tout fe réduit enfin à fçavoir si les dis-cours suivis ne peuvent pas estre produits parleseul artifice de la machine , auisi - bien que lesactions suivies. Car, si l’un n’est pas plus diffi-cile que l’autre, la conséquence que vous tirezdes discours suivis de hommes pour assurer qu’ilsont une ame, br qu'ils ne sont pas.de pures ma-chines, est visiblement fausse. Je vous prie doncde me dire en quoy l'un est plus difficile quel’autre. Car j’ay droit de m’en tenir là, Lc devous obliger à la preuve, que je vou» défieroisde me donner bien nette & bien positive.
Quelque habile homme que vous soyez,vousne sauriez faire consister cette plus grande dif-ficulté, que dans l’infinité de combinaisons deressorts, & des usages différents & innombrablesde ces ressorts, que Dieu auroit dû faire pourproportionner les unes aux autres toutes ces ma-chines, qui s'appellent des hommes, pour mettreentre elles & y entretenir cette correspondancemutuelle, que supposeroient des discours suivis,qui ne sc feroient que par les loix de la Mécani-que.