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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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46 Preuves de la

pour une autre abeille, qu’elle trouve en entrantà se charger de ce qu’elle apporte, Sc à le trans-porter dam l’intérieur de la ruche. Je ne con-çois plus qu’il y ait rien davantage dans l’un quedans l'autre.

Mais y eût-il en effet quelque chose davanta-ge, iln’y auroit encore un coup de differenceque du plchs ou du moins. Et que fait ce plus& ce moins, quand on supposé sauteur des deuxespèces de machines, infiniment puissant, d’uneconnoislànce infinie, qui en un instant conçoitnon seulement des combinaisons infinies de res-sorts, de mouvement, de déterminations demouvement: mais qui en conçoit une infinitéd'infinitez? Examinons bien icy toutes chosesselon les principes de la Philosophie Cartésienne,8c nous verrons qu’il doit y avoir u'ne bienplus grande difference entre la machine d’un verde terre Sc celle des abeilles, a fin qu’elles puis-sent faire entre-elles tout ce que nous y admi-rohs, qu’il n’y en devroit avoir entre les machi-nes des abeilles & celles des hommes, pour fai-re produire à ceux-ci par les loix de la Méca-nique cét arrangement de sons & de paroles quenous appelions discours suivi.

Je crois que, si les Cartésiens pouvoient ex-pliquer aussi plausiblement leurs paradoxes tou-chant les bêtes, que je viens de montrer parleurs principes la ressemblance qu’il y a fur cetarticle entre les abeilles & les hommes, ils se-

rment contens d’eux-mêmes. Mats je ne sçai sivous le serez de moy, quand enfin vous uteverrez conclure de toutes ces réflexions, com-me je vas faire » que les Cartésiens raisonnent entout ceci beaucoup moins conséquemment queJes Péripatéticiens j & qu’ils se laissent aller aux