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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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5? Preuves de ia

tïére .n’est nullement solide;8c les Péripatéticien!ont droit d'en supposer un entre deux ; & c’estl'ame de la bête.

Mais enfin convenons, fi l’on veut, que l’idéede l’ame que les Péripatéticiens donnent aux bê-tes, est trés-confusc, (ce qui est faux, comme,je l’ai dit en passant, la sensation nous étant aus-fi connue que la pensée ) l’idée que les Carté-siens substituent en sa place est - elle fort claire &fort distincte? Non aíseûrement, & c’est aveccette réflexion que je finis

Un Païsan voit une montre, qui marque 8cqui sonne les heures, les quarts, les demi-heu-res; on lui dit que cela se fait par des réssorts ca-chez au dedans de la montre. Direz-vous quece Païsan a une idée fort claire & fort distincte- ìde cette montre? On ne peut pas en avoir une iplus générale 8c plus confuse. Mais un Horlo-ger , qui connoît toutes les pièces dont elle estcomposée, qui sçait leur arrangement, leurusage, la dépendance qu’elles ont les unes des au-tres : voilà ce qui s’appelle avoir une idée distin-cte : 8c c’est en vertu de la clarté de cette idéequ’il rend raison de tous les mouvemens qu’onapperçoit dans cette machine; de cette espè-ce de battement continuel qu’on entend; pour-quoi ellesonoe, pourquoi elle s’arrête quelque-fois . pourquoi on la monte de tems en tems, com-ment l’aiguillese remue insensiblement, 8c mar-que les heures fi à propos.

jamais. Monsieur, comparaison ne fut plusjuste que celle ci, C’est presque la chose même.Quand vous nous parlez de la machine d’unchien, que nous apprenez-vous ? & qu’en sçavezvous? A peu ptès autant que le Païsan en sçaitde la montre, Lc qu’il en apprendroit aux gens