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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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P» EM I ERE D E F E N S E. I tz

né ennemi de Descartes , & du Cartésianisme.Tout cela mérite bien une Lieutenante dulicéelunaire.

Enfin, ajoûtoit mon ami dans fa Critique, iln’est gueres vraisemblable scion l’idee des Carté-siens, de faire promener unpur esprit à la manièredes corps, de le. faire passer d’un lieu à un .autrecomme -'il marchoit, où s’il voioit. Cela estfort bien dit, la réflexion est bonne, & d’un es-prit juste & exact. Mais comment faire autre-ment? Si j'avois eu à parler à de purs esprits,,ou du moins à des esprits accoutumez à être sé-parez de leurs corpr, & à courir ainsi le Monde,comme ceux dont j’ai fait mention dans monHistoire, j’aurois pris une autre maniéré dem’exprimer, & tenu un langage plus spirituelqu'ils auroient entendu aussi bien que moi ; maisla plûpart des hommes se conduisent par l’imagi-nalton & par !es sens. En leur parlant des es-prits, il faut faire comme les Peintres, qui le&leur repré'entent comme de beaux jeunes hom-mes , à qui ils donnent des ailes pour les distin-guer des mortels ; & c’eft pour cela qu’à ces es-prits qui passent d’un lieu à un autre, je leur aydonné le privilège de faire, quand il leur plaît.des quatre ou cinq mille lieues en un minuted’horloge. Si j'en avois use autrement que jen’ai fait dans cette Histoire fur ce point critiquej’aurois étéinsuportable même aux Cartésiens quis'étudient le plus à épurer leurs idées : mais quicommunément se réservent àlesspiritualiserdansleur cabinet, & dans leurs méditations Philo-sophiques , tandis que dans le commerce qu’ilsont av.ec les autres hommes, ils laissent agir leurimagination. & veulent aussi bien que les autresqu'on la satisfasse & qu'on ne la gêne pas. Ce

font-