xxv j ÉLOGE HISTORIQUE.
Lorsqu’on terminait les travaux du canal du Centre , les effets de larévolution commençaient à se faire sentir. L’administration des élusde Bourgogne avait perdu son crédit, et on ne put remplir les nou-veaux emprunts nécessaires pour payer les dépenses qui passaient lesneuf millions que le Roi avait accordés dans l’origine. On trouva lesmoyens d’y subvenir en appliquant au canal du Centre des fonds qu’onavait d’abord destinés aux autres canaux de la Bourgogne , et les ou-vrages furent heureusement terminés avant une époque qui les auraitnécessairement frappés d’une stagnation funeste.
La plupart des institutions commençaient à disparaître ou à changerde face , et on peut remarquer, à cette occasion , que le Corps desPonts et Chaussées a beaucoup moins souffert que plusieurs autresdes froissements auxquels ils furent tous exposés. Les administrationsdes pays d’état venaient d’être remplacées par les administrations dé-partementales, quand il fut ordonné qûé leurs ingénieurs seraientincorporés dans les Ponts et Chaussées, et que de nouveaüx inspec-teurs généraux seraient choisis parmi eux. M. Gauthey fut désignél’un des premiers; et lorsqu’au mois de novembre 1791, il naviguaitpour la première fois sur le canal du Centre dans lequel on venait demettre les eaux, il reçut la lettre du Ministre qui lui annonçait sanomination. Il eut en même-temps la satisfaction de terminer le plusimportant ouvrage que l’on eût construit en France dans le dix-hui-tième siècle , et de voir ses efforts récompensés par la confiance du
gouvernement.
M. Gauthey se rendit l’année suivante à Paris , où il a exercé jusqu’àsa mort les fonctions d’inspecteur général. Pour donner une idée destravaux qui l’occuperent pendant les quinze années qui se sont écou-lées jusqu’à cette époque , il faudrait pouvoir entrer dans le détail de