6o
Essais„ Sciences & les Arts se perfectionnent par„ le secours de ceux qui perfectionnent les„ nouvelles méthodes , & aux dépens deu ceux qui s’y opposent"’. Oui, j’en conviens ;les rêves creux d’une imagination désordon-née , ont souvent fais éclore des vérités uti-les, & des découvertes précieuses : mais ilne faut pas confondre le génie qui s’effaye,qui tâtonne, qui se hasarde d’après des prin-cipes jusques-là incertains, mais dont la com-binaison doit avoir tel ou tel résultat néces-saire , avec la singularité , qui n’imagine rien,mais qui imite mai; avec l’ambition, qui écar-te tous les obstacles, pour ne voir que le butoù elle aspire ; avec la médiocrité, qui s’ef-force d’échapper à l’oubli, par des tentativesplus extraordinaires qu’ingénieuses.
Dans les Sciences qui sont encore au ber-ceau , chacun aspire à ajouter un degré auxsoibles connoilsances dont on jouit. Ceux quiont précédé sans atteindre le but, ont indiquéla voie qui y mene. Les demi - connoilsancesinvitent aux essais; les essais, accompagnés dequelques succès, persuadent qu’on peut établirdes principes ; on fait marcher à leur fuite au-tant de preuves que l’on en imagine : elles éprou-vent quelques difficultés ; il faut les soutenir:le combat s’engage ; on présente à l’ennemi