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lo.
A la Haye le 26 Feb. 1660.
Monsieur
L’agente de la daine pour qui vous avez fait le genetliaque *) m’a dit dela part d’elle que j’eusse a vous faire ses remerciemens de la peine quevous aviez prise, et qu’elle ne manquerait pas a vous en tesmoigner sagratitude. J’espere que ce sera quelque chose de plus que des promesses.
Je suis marry que vostre liorologe a esté endommagé par le chemin, maisje croy que M 1 '. llanet le reparera aisément lors qu’il sera arrivé. S’il n’estpas encore parti ce n’est que le vent contraire qui le retient, car il y alongtemps qu’il attend a liotterda pour s’embarquer, le pris est commevous dites de 120 L. Je ne scay pour quoy l’on n’a pas osté le verre enl’envoyant. J’ay jugé depuis que le châssis n’estoit pas necessaire a cesliorologes, et doresnavant l’on n’en met plus a ceux que j’ordonne. Ce quej’ay adjousté de nouveau Est un secret que je n’ay encore dit a personne,mais vous le verrez dans une seconde édition de mon horologe, ouje mettray aussi la maniéré de la réduction du temps en tant qu’elleest necessaire pour les horologes quand elles vont de moyene vitesse.J’ay inventé une construction mechanique par la quelle je puis scavoirincontinent combien il faut adjouster ou oster de l’heure de l’horologe achasque jour de l’an, estant donné celuy au quel j’ay adjusté l’horologeavec le soleil ou avec un sciaterique. Ce que l’on ne peut pas faire par lemoyen d’une table sans un peu de calcul ou bien elle ne servira qu’a uneseule Epoche. Je vous ay proposé quelques diflicultez touchant cette matièredans ma precedente, aux quelles j’attens vostre response. Je croy cependantque vous accusez sans suject la méthode de Ptolemée, car pour convertirquelque espace de temps apparent en temps égal ou au contraire, elle esttrès seure, Et je ne scay comment il vous est tombé dans l’esprit de cher-cher cette autre aequation par la quelle vous prétendez de réduire punctütemporis apparentis ad medium, ny de quoy cela pourrait servir. Je suisde tout mon cœur
Monsieur
Vostre très humble et très obéissant serviteur.
1) «Votre prophétie pour ce qui est de l'humeur de la dauie ne se rencontre pas trop bien avecce que l’on en tient communément, parce qu'elle a la réputation d’etre fort débonnaire et non pascontentieuse.’’ Lettre de lluygens à Boulliau du 4 Mars KiüO.