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TROISIÈME ÉPOQUE.
pour la préparation <les émaux appliqués il la poterie. Il n’atteiguitsou but qu’aprôs de longues années de recherches et de privationsde tout genre. Nous l'entendrons plus loin raconter lui-méme sestribulations.
Dévoué au calvinisme, qui commençait alors à se répandre dansle midi et l’ouest de la France , l’alissy lut impliqué dans les guerresciviles qui désolèrent la Saintonge, sa contrée natale. L’édit deHenri 11, donné à Keouen, au mois de juin 1559, sema l’alarmeparmi les calvinistes. Un grand nombre de réformés lurent con-damnés à mort par des juges royaux, l’alissy obtint une sauve-garde du duc de lUonlpensier. Mais, malgré celle sauvegarde ducommandant de l’armée royale, il lut traîné en prison ; son atelier,construit à grands frais, fut démoli. Menacé do la mort, il ne lutsauvé que par la protection du comte de Ja Rochefoucauld, du sirede l’ons, du baron de Jarnac et du seigneur de Burie. 't out lemonde, excepté les juges de Saintes , s’intéressa au sort du malheu-reux ouvrier do terre et inventeur des rustiques Jigulines, commeil aimait à s’appeler lui-méme. De Saintes , il fut conduit, pendantla nuit, dans les prisons de Bordeaux . Fnlin , il aurait, subi le sortde tant d’autres malheureux huguenots, si le grand connétable, ducde Montmorency, n’avait pas intercédé pour lui auprès de la reinemère, la trop célèbre Catherine de Médieis. l’alissy, mis en liberté ,s'attacha, par reconnaissance, au service du roi, de la reine mère etdu connétable. 11 fut employé à embellir plusieurs châteaux, et par-ticulièrement celui d’Iicouen, des chefs-d’œuvre de sou art.
Rendu à ses loisirs, l’alissy se livra avec ardeur A la chimie, ill'agriculture et à l'histoire naturelle. Le premier, il eut l’idée de for-mer A Paris un cabinet de géologie et de minéralogie. Il y faisait desconférences publiques, auxquelles assistaient les membres les plussavants de la Sorbonne, du parlement et de la faculté de médecine.Il demeurait aux Tuileries , ainsi qu’il nous l'apprend lui-méme;on ne le connaissait que sous le nom de Bernard des Tuileries.
lin 157 2 , il échappa, avec Ambroise Paré , à l'horrible massacrede la Saint-lîarthélemy, soit qu’il fût oublié, soit que Catherine deMédieis le protégeât secrètement.
L’ouvrier de terre était à sa dernière heure tel qu’il avait étépendant toute sa vie, probe, incoi . , d’une Amélioré et;éle-
vée. On pourrait lui appliquer à juste titre l’ode d'Horace : Justurnet tenace ni propositi viruni.
Le drame sanglant de la Ligue allait recommencer. Un des