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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
chaud sous une cloche où l’on fait le vide, on observe qu’il aug-mente considérablement de volume, et qu’il laisse échapper unequantité infinie de petites bulles. Cette effervescence est probable-ment due à uu dégagement de particules aériennes qui s’y trouventinterposées. »
Mayow assimile la respiration à une véritable fermentation.« Car, dit-il, dans la fermentation du vin, de la bière, etc., ily a absorptiou de particules iguo-aériennes, comme dans la respi-ration. »
l)e là il arrive à la chaleur animale ( incalescentia), dont iln’hésite pas d’attribuer l’origine à la respiration ou à l’absorptiondes particules igno-aéricunes. «Ne voyons-nous pas, ajoute-t-il,que la marchasite du vitriol ( 1 ), exposée à l'air humide, s’é-chauffe et acquiert une chaleur assez intense, à mesure qu elle ab-sorbe les particules igno-aéricnnes qui la transforment en vitriol?»
11 faut noter que cette absorption des molécules igno-aéricnnespar le sulfure de fer est elle-même regardée par Mayow comme unacte de fermentation. «Ou a objecté, continue l’auteur, que lesliqueurs qui fermentent n’acquièrent pas de chaleur pendant lafermentation. Cependant l'expérience vulgaire nous apprend queles liqueurs épaisses, comme celle de la bière, s’échauffent uu peupendant la fermentation. »
Enfin, il termine en remarquant que l’urine et le sang dévelop-pent , par la putréfaction, uu sel tout à fait semblable au sel ammo-niac, car, lorsqu'on y plonge du cuivre, celui-ci est attaquécomme par du sel ammoniac. « D’ailleurs, continue-t-il, lorsqu’onmélange de l'urine ou du sang avec des cendres, on obtient par ladistillation une grande quantité de sel volatil, en tant que le sel fixedes cendres absorbe tout l'acide contenu dans l'urine; de telle façonque le sel volatil, libéré des liens de l'acide, se dégage facilement, etqu’il se passe ici absolument ce qui arrive lorsqu’on distille un mé-lange de sel ammoniac et de sel fixe (alcali fixe). »
Mayow avait 2!) ans lorsqu’il publia (en 1674) le beau travaildont je viens de donner une courte analyse, et qui renferme, àcoté d'un grand nombre d'expériences nouvelles, tout ce que sesprédécesseurs avaient avancé de plus vrai sur cette matière difficile.Cinq ans après, il était mort! Cette mort prématurée retarda d'unsiècle la fondation de la chimie moderne.
(1) Sulfure de fer.