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Tome deuxieme.
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TI10IS1ÈME ÉrOQl'E. 417

poussé jusqu’à l'ébullition de l’cspriin, en remuant de tempsen temps la poudre qui se ramassait au lbnd. Aussitôt que l’esprit-de-vin a commencé à bouillir, j’ai retiré le verre du l'eu, et j’ai versépromptement tout le mélange dans un petit sac de toile, d’où j’aifortement exprimé le liquide qui y était contenu; j’ai liltré laliqueur exprimée encore chaude, j'ai versé le liquide filtré daus unv erre à fond plat, fermé avec un bouchon de liège, et l’ai gardé dausun endroit tempéré. D'abord l’esprit-de-vin y est devenu trouble,et, au bout de quelques semaines, il s’est formé un produit cristal-lin , ayant tous les caractères du sucre, médiocrement pur et com-posé de cristaux compactes. J’ai dissous de nouveau ces cristauxdaus de l’esprit-de-vin, et on les obtient ainsi plus purs. »

Marggraf ajoute que cette expérience capitale peut servir demoyen préliminaire pour s'assurer si une plante, en général, con-tient du sucre, et quelle en est la quantité. C’est ainsi qu’il 4 est par-venu à constater que la betterave (blanche) renferme environ6 p. % de sucre. "Ce qui mérite, dit-il, detre remarqué en pas-sant , c’est (pie la plus grande partie du sucre se sépare de l’esprit-de-vin par la cristallisation, et que la partie résineuse demeuredans l’esprit-de-vin. De plus, il parait que, dans cette opération,l’eau de chaux vive u’est point du tout nécessaire pourdessécher lesucre et lui donner du corps, mais que le sucre existe tout fait,sous forme cristalline, au moins dans ?ios racines.

« Cette manière de procéder, continue Marggraf , à l’extractiondu sucre, m’ayant paru trop coûteuse, j'ai cru devoir en chercherquelque autre. Je jugeai que ce qu’il y avait de mieux à faire c’étaitde suivre la route ordinaire, en ôtant à ces racines leurs sucs parl’expression, en dépurant le suc exprimé, en l’évaporant pour lepréparer à la cristallisation, et en purifiant les cristaux qui pren-nent naissance. »

Nous ne rapporterons point les détails d’exécution que l’auteurexpose avec une admirable lucidité, et auxquels on changea, par lasuite, fort peu de chose. Il remarque que la carotte se prête assezdifficilement à l'extraction du sucre, à cause d’une matière g lutine use(acide pcctique) qui entrave la cristallisation du sucre; qu’il fautapporter beaucoup de soin au râpage et à l’expression du sucre, afind’obtenir la plus grande quantité possible de la matière sucrée, etque les mois d’octobre, novembre et décembre, sont la saison la pluspropice à la récolte de la betterave.

La plus grande difficulté que l’auteur ait rencontrée dans l’ex-

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