TROISIÈME ÉPOQUE. 431
fumée; qu’elle donne au verre de plomb en fusion une couleurrouge; enfin qu’en se combinant avec les métaux, elle les rendtrès-cassants. Il préparait le régule d’arsenic (arsenic métallique)en chauffant doucement jusqu’au rouge uue pâte d’arsenic blancavec de l’huile.
Cobalt . — On donnait ce nom à ces lutins qui, selon lescroyances superstitieuses, inspiraient, dans les galeries souterrai-nes, de trompeuses espérances ( 1 ). Daus beaucoup de contréesd’Allemagne , kobolt signifie eucore aujourd’hui lutin. Il existaitmême anciennement un usage de prier, dans les églises, pourpréserver les mineurs et leurs travaux de l’influence maligne deskobolts. Le minerai de cobalt était depuis le xvi e siècle, et peut-être plus anciennement, employé daus la préparation de l’émailbleu (2). On l’avait longtemps considéré comme un minerai decuivre; mais tous ceux qui jusqu’alors avaient essayé d’en reti-rer ce métal avaient écboué dans leurs tentatives. C’est là pro-bablement ce qui fit appliquer à ce minerai le nom d’esprittrompeur, cobalt.
Ilrandt annonça, en 1742 ( 3 ), que la propriété de ce minerai, dedonner un small bleu, est due à la présence d’un métal ou, commeil l’appelle, d'un demi-métal particulier qu'il parvint le premier àextraire de sa mine. Il 11 e lui échappa point que le régule de cobalt(cobalt métallique), de couleur grise, un peu rosé, peut être la-melleux, grenu ou fibreux, suivant le degré du feu qu'on aemployé pour le réduire et le foudre ; et qu’il est, comme le fer, at-tirable à l’aimant. Lehmann publia en 17U1, dans sa cadmiologie,beaucoup de détails sur l’histoire et les propriétés de ce métal ; etliergmaini confirma, en 1780, la découverte de Braudt, en yajoutant quelques faits nouveaux.
Ilrandt a enrichi la science d’un grand nombre de travaux inté-ressants, relatifs à la minéralogie et à la chimie minérale ; nous nouscontenterons de citer une dissertation sur les demi-métaux ( 4 ),parmi lesquels il comprend le mercure, l’antimoine, le bismuth,le cobalt, l’arsenic, le zinc; et il regardé comme un caractère dis-tinctif des métaux, qu'étant fondus, ils prennent, par le refroi-
(1) Voj. 1.1, l>. 350.
(2) Ibid., p. 102.
(3) Act. Societ. reg. scient. Upsal., ann. 1742.
(4) Ibid., ann. 1735.