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HISTOIRE DE LÀ CHIMIE.
est d’une densité, spécifique supérieure il celle de l'air tom-mun(l).
Air du nitre. Ce que Priestley appelle air du nitre parait êtrel’oxygène impur (mêlé de protoxyde d'azote); car il dit que cetair se distingue de tous les autres, en ce que, loin d’éteindre unechandelle, il en augmente la combustion avec un bruit semblable àcelui que produit la déflagration du nitre ; et qu’il obtenait cet airen chauffant du nitre dans un canon de fusil. Ces expériencesavaient été faites dans le courant de l'année 177 1 ; et l’auteur ajouteeu terminant : « Ces faits vie paraissent très-extraordinaires etimportants ; ils pourront , dans des mains habiles, conduire àdes découvertes considérables '2). »
Cette prophétie devait s’accomplir plus tôt qu’il ne le pensait.
Pénétré de l'importance de ses observations, Priestley fut con-duit à examiner l’espèce d’air qui, suivant les expériences de Haies ,était contenu dansjes chaux métalliques (oxydes), et avait ainsicontribué à l’augmentation du poids de ces métaux ; il fit à ce sujetune expérience très - ingénieuse : il revivifia (décomposa > le mi-nium (oxyde de plomb) par des étincelles électriques, et recueillitsur le mercure le gaz qui se produisait. Ce gaz ne pouvait être quel’oxygène. Eh bien ! il est pénible de voir à côté de cette belle ex-périence une déduction aussi déraisonnable qu’erronée : de ce quecet air (oxygène) était susceptible d’être en partie absorbé par l'eau,l’auteur conclut que ce n’était autre chose que de l’air fixe (gazacide carbonique).
On se demande pourquoi Priestley n'avait pas ici mis en lisageses deux réactifs habituels, la respiration et la combustion, unesouris et line chandelle. Était-ce un oubli? Non, certes. Ce quilui avait fait méconnaître l’oxygène, c’est l'influence tyranniqued’une théorie préconçue. On se rappelle que le charbon, qui revi-vifie les chaux métalliques, passait pour un des corps les plus richesen phlogistique, et qu’étant chauffé avec ces chaux métalliques, ildevait donner naissance à de l’air fixe (gaz acide carbonique ). Or,
(1) Of air procured bij tneans of spiril of sali ; Observations on di fferentkinds, etc.; Lond., 1772, p. 90.
(2) Ibid., p. 102. Tliis sériés ol facts, relating to air extracted, seem very ex-traordinary and important, and, in able liands, may lead to considérable discoveries.