104 TRAITÉ COMPLETces plançons , est très-vicieuse. On en va jugerpar l’exposition des procédés que j’ai vu pra-tiquer dans les prairies de la rivière de Bièvres ,de Joui, d’Igny, et ailleurs, pour la planta-tion des saules , et de différentes espèces depeuplier.
Avec un gros maillet, de toute la force d’unhomme, on enfonce à quarante-huit ou soixante-quatre centimètres ( dix-huit ou vingt-quatrepouces ) dans la terre, un pieu bien éfilé , pourouvrir un trou. On y place avec force une barreappoinlie de saule, qu’on a ététée, ou de peu-plier avec toutes ses branches. Si cette barréne remplit pas le vide , on met, autour, de laterre qu’on tasse autant qu’on peut, pour quel’arbre trouve des points de résistance contréles vents.
Il résulte nécessairement de ce procédé quela terre déjà trop compacte pour l’objet qu’onse propose, se trouve bien plus durcie , parl’action du pieu qui l’a resserrée dans tous lessens. Comment se flatter que les racines quivont naître, puissent, avec succès, surmonterde pareils obstacles ? Que de tems 11e faut-ilpas pour que de pareilles plantations acquiè-rent la médiocrité qu’elles ont ? Je ne parlepas du très - grand nombre de plançons quin’ont pu résister à une aussi fatale épreuve.