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Le Mont-Blanc / par Charles Durier
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LE MONT-BLANC .

plus possible, battre la semelle pendant les haltes; pourles mains, les glisser alternativement dans ses poches,souffler dessus, et les mauvaises habitudes même peu-vent servir, si lon est fumeur, on a un petit fourneaupour se réchauffer les doigts.

Enfin, on ne revient guère dune ascension au Mont-Blanc sans avoir les lèvres gercées, la face plus ou moinsgonflée, les yeux malades et la peau du visage, des oreilleset du cou brûlée comme par un coup de soleil. Cest leffetde léclat de la neige et de la sécheresse de lair, effet qui seproduit avec moins dintensité, mais qui se produit encore,quand le temps est couvert. Les lèvres se guérissent, lépi-derme tombe : il nen est que cela. Pour les yeux, les con-séquences peuvent être plus graves; afin de les garantir,on porte des voiles, des masques de toile percés de deuxtrous, des lunettes à verres de couleur. Il paraît que lesmontagnards du Caucase se noircissent les paupières avecde la poudre; les Chamoniards conseillent la mèche dunechandelle : ce nest ni beau ni propre, mais.... je ne sais passi cela sert à quelque chose. Quant aux voiles, masques etlunettes, il en est de ces préservatifs comme des gants auxmains. Sil se présente des passages scabreux, on les retirepour mieux voir, et le lendemain, au réveil, on ne voitplus du tout.