L’ESIMIIT DES PLANTES
308
suilles, ou le long (les murs, la haine dédaigneuse dupassant. 11 en est tout autrement d’une autre plante,
LA CIGUË
La Ciguë est une illustre empoisonneuse, malgré sesapparences insignifiantes. Elle se cache perfidemententre le Cerfeuil aromatique et le Persil culinaire , etdéshonore la famille des Omhellifères, généralementhonnête, où l’on rencontre la Carotte nutritive à côté del’Angélique des confiseurs et de la Coriandre parfumée.La Ciguë a la mine basse du malfaiteur ; des tacheslivides, véritables stigmates d’infamie , recouvrent sestiges grêles, et l’odeur qu’elle exhale, — odeur suspecte!au plus haut degré, puisqu’elle rappelle celle de l’urinede Chat,— complète la physionomie de cette repoussanteindividualité. Elle vit parfois dans le voisinage deshabitations, tout près des enfants et des animaux debasse-cour, au milieu desquels elle semble méditerquelques mauvais coups; d’autres fois elle s’isole etchoisit les coins honteux, dans les jardins négligés oudans les cimetières. Sa racine, quand elle est jeune, estpleine d’un suc laiteux, épais, visqueux, de saveurd’abord aromatique et un peu sucrée, mais qui bientôtdevient âcre et fétide.
Le suc de la Ciguë, particulièrement vénéneux auprintemps, liquéfie le sang, le congestionne vers lespoumons et rompt l’équilibre des forces vitales, sansproduire de lésions dans le tube intestinal. C’est doncsournoisement que la Ciguë assassine ses victimes ; elle