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écueils mobiles dont parle le mythe des Argonautes . Sur les deux rivesd'Europe et d’Asie , les terrains ’ lies sont nus, tandis que la partieméridionale ou dévonienne du détroit, de beaucoup la plus longue, estbordée des plus charmants ombrages. Il est heureux que les Turcs, biendifférents en cela des Espagnols et d’autres peuples du Midi, aiment etrespectent la nature ; ils ont le goût des beaux massifs d’arbres et cherchentà les conserver, autant du moins que le permet leur indolence. Grâce à eux,les platanes, les cyprès et les lérébinlhes embellissent encore les rives dudétroit ; de même, la vaste forêt de. Belgrad recouvre à l’est de Constanti-nople le massif de collines où jaillissent les eaux d’alimentation destinées àla cite. Les oiseaux sont aussi plus respectés en Turquie que dans la plupartdes pays chrétiens; on entend partout le roucoulement plaintif des colombes;des volées d'hirondelles et d’oiseaux de mer tourbillonnent à la surface duBosphore , et <jù et là se montre la grave cigogne, perchée sur le sommet d’unarbre ou sur la pointe d’un minaret. Ces bizarres échassiers contribuent avecla physionomie générale de la végétation et le style des édifices à donner àcette particule l’Europe un aspect tout méridional.
.Néanmoins le climat de Constantinople est beaucoup plus boréal qu’onne serait tenté de le croire. Les vents froids des steppes de la Russie pénètrent librement dans le détroit, dont la bouche est précisément tournéevers le nord; aussi les rigueurs de l’hiver sont-elles fort sensibles à Stamboul ,et parfois le thermomètre descend à !20 degrés au-dessous du point de glace.Chose plus grave encore, quoique l’inlluenee des mers voisines égalise unpeu le climat, cependant le manque d’obstacles à la marche des vents a pourconséquence de très-brusques alternatives de température. Suivant lesannées, le climat moyen diffère de la manière la plus étonnante : tantôt ilest celui de Pékin ou de Baltimore, tantôt celui de Toulon , même celui deNice. 11 est arrivé, dans les années tout exceptionnelles, que le Bosphore a étépl is par les glaces, de sorte que la température de Constantinople devait êtrealors aussi basse que celle de Copenhague . Mais les débâcles étaient rapidescl l’on contemplait bientôt le spectacle, à la fois effrayant et magnilique, desblocs de glace venant se heurter sur la Pointe du Sérail et Bottant au loin euarchipels tournoyants sur la mer de Marmara. En l’année 7(P2, les niassescristallines provenant de la mer Noire et du Bosphore étaient si nombreuses,qu elles se reformèrent dans les Dardanelles eu un immense pont de glace :la tiède mer Egée avait pris l’aspect d’un golfe de l’océan Polaire.
De même que la presqu'île de Constantinople , tout le littoral de lamer de Marmara présente dans sa formation géologique une indépendance