.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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emprunts se l'ont à des taux tellement usuraires, la désorganisation desservices est si complète, qu’on a souvent proposé de faire gérer le budgetottoman par un syndicat des puissances européennes; mais parmi cespuissances, combien en est-il qui puissent se vanter elles-mêmes d’avoirparfaitement équilibré leurs recettes et leurs dépenses 1 !
Sous un pareil régime, l’agriculture et l’industrie de l’empire turc 11epeuvent se développer que très-lentement. La terre ne manque point. Aucontraire, de vastes étendues du sol le plus fécond sont en l'ricbe; nul nes’occupe de savoir à qui elles appartiennent, et le premier venu peut s’enemparer; mais gare à lui s’il tiregr " ' ses cultures et s’il lui prend la
fantaisie des’enriebir ! Aussitôt le sol qu’il labourait se trouve avoir fait partiedes terres appartenant au culte, ou bien il est à la convenance d’un paclia quis’en empare après en avoir fait bétonner le possesseur! E11 maints districts,c’est de propos délibéré que le paysan, même le plus économe et le plus actif,limite sa récolte au strict nécessaire; il serait désolé d’une moisson abon-dante, car l’accroissement de production est en même temps un accroisse-ment d’impôt et peut attirer les inquisitions soupçonneuses de l’exacteur. Demême, dans les petites villes, le commerçant dont les affaires sont en voiede prospérité se gardera bien de montrer sa richesse; il se fera touthumble, tout petit, et laissera sa maison s’érailler de misère.
Afin de jouir en paix de leur propriété territoriale, les familles musul-manes ont en très-grand nombre cédé leurs droits de possesseurs aux mos-quées ; ils ne sont plus (pie de simples usufruitiers, mais ils ont ainsi l’avan-tage de 11’avoir pas à payer d’impôts, puisque leur terre est devenue sainte, etleurs descendants pourront jouir des revenus du domaine jusqu’à extinctionde la famille. Ces terres, que l’on désigne sous le nom de vahoufs, consti-tuent peut-être le tiers de la superficie du territoire. Ellesnc rapportent abso-lument rien à l’Etat; elles n’ont qu’une faible valeur pour les usufruitierseux-mêmes, routiniers fatalistes qui se sont débarrassés de leurs titres de-propriété précisément à cause de leur manque d’initiative ; enfin, lorsqu’ellesont agrandi l’immense domaine du clergé, la plus forte part est laisséeinculte. Tout le poids de l’impôt retombe donc sur la terre que laboure lemalheureux chrétien; encore le produit de cet impôt doit-il forcément dimi-nuer à mesure que s’accroît l’étendue des terrains vahoufs. Aussi faudra-t-ilen venir tôt ou tard à la sécularisation des biens de main-morte, et déjà legouvernement turc, au grand scandale des vieux croyants, a timidement‘‘tendu la main vers le territoire appartenant aux mosquées de Stamboul .
Recettes du budget turc 011 1874.. ...... 500,000,000 fr.
Dette intérieure et extérieure en 1875. 5,500,000,000 »