MŒURS DES ROUMAINS.
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sol, fuyant leurs terres où la vue de la souffrance les ent "eues, allaient,vivre au loin dans l'intrigue et la déhanche, dépensant, sur les tables de jeudes cités occidentales l’argent que des intendants, (’.rees en majorité, leurenvoyaient après avoir largement prélevé leur part. Quant à la masse asser-vie de la population, elle était paresseuse, parce que la terre, du reste siféconde, ne lui appartenait point; elle était méfiante et menteuse, parceque la ruse et le mensonge sont les armes de l’esclave; elle était ignoranteet superstitieuse, parce que toute son éducation lui avait été donnée parun clergé ignare et fanatique. Leurs popes étaient en même temps magi-ciens et guérissaient les maladies par des incantations et des philtres sa-crés. l’armi les moines, les uns, grands propriétaires de serfs et possédantla sixième partie des terres de la Roumanie , étaient des boyards en robe,non moins fqires à la curée que les seigneurs temporels; les autres, vivantd’aumônes, n’étaient guère que des paysans ayant échangé l’esclavage pourla mendicité.
Dépourvus de toute instruction, si ce n’est de celle que leur transmet-taient les doinus ou chants des aïeux, gouvernés comme ils l’étaient parles anciennes coutumes, les Roumains devaient à une époque récente rap-peler les populations perdues dans la nuit du moyen âge; maintenant en-core plusieurs coutumes de leurs ancêtres subsistent, dans les campagnes.Ainsi, lors des enterrements, les pleureuses à gages poussent des cris dé-chirants auxquels les parents mêlent leurs adieux. On place dans le cercueilun bâton dont le mort se servira pour traverser le Jourdain, un drap dontil se couvrira comme d’un vêtement, une pièce de monnaie qu’il donneraà saint Pierre pour se faire ouvrir les portes du ciel; on n’oublie pas nonplus le pain et le vin dont il aura besoin pendant son voyage-. Mais si ledéfunt avait les cheveux rouges, il est fort à craindre qu’il ne tente de re-venir sur la terre sous forme de, chien, de grenouille, de puce ou de pu-naise, et qu’il ne pénètre la nuit dans les maisons pour sucer le sang desbelles jeunes filles. Alors il est prudent de clouer fortement le cercueil, ou,mieux encore, de traverser d’un pieu la poitrine du cadavre.
De pareilles hallucinations cesseront bientôt, sans aucun doute, de hanterl’esprit des campagnards. Depuis que le paysan cultive sa propre terre, lesprogrès intellectuels et moraux de la nation ont au moins égalé ses progrèsmatériels, et ceux-ci sont vraiment considérables. Libéré officiellement en1850, mais encore retenu longtemps par les liens d’un demi-servage, lepaysan a fini par posséder au moins une partie du sol. Tant que le seigneurresta l'unique possesseur de la terre, il fut aussi le « maître du pain »et l’ancien serf n’avait qu’une liberté presque illusoire. Enfin la loi de