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Livre I. L'Europe méridionale.
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SEIUSIE ET SES HABITANTS.

JSA

se considèrent comme les repi'ésenlants les plus purs de leur race. Ce soûl,en général, des hommes de belle taille, vigoureux, larges dépaules, perlantlibrement la tète. Les traits sont accusés, le nez est droit et souvent aquilin,les pommettes sont un peu saillantes; la chevelure, rarement noire, est fortabondante'et bien plantée; lœil perçant et dur, la moustache bien fourniedonnent à toutes les ligures une apparence militaire. Les femmes, sans êtrebelles, ont une noble prestance, et leur costume semi-oriental se distinguepar une admirable harmonie des couleurs. Même dans les villes, (juebjuesSerbiennesont.su résister à l'influence toute-puissante de la mode françaiseet se montrent encore avec leurs vestes rouges, leurs ceintures et leurs che-misettes brodées de perles et ruisselantes de sequins, leur petit fez si gra-cieusement posé sur la tète et fleuri dun bouton de rose.

Malheureusement, la coutume du pays exige que la femme serbe ait uneopulente chevelure noire et le teint éblouissant déclat. A la campagnecomme dans les villes, le fard et les fausses tresses sont dun usage univer-sel ; même les paysannes des villages les plus écartés se teignent les cheveux,les joues, les paupières et les lèvres, le plus souvent au moyen de substancesvénéneuses qui détériorent la santé. Les plus riches campagnardes ont enoutre le tort de faire étalage de leur fortune sur leurs vêlements et degâter leur costume par uu excès dornements dor et dargent et de colifi-chets de tonte espèce. Dans certains districts, les fiancées et les jeunes fem-mes ont la coiffure la plus étrange qui ait jamais enlaidi tète féminine. Lachevelure est recouverte dun énorme croissant renversé dont la forme encarton est chargée de bouquets, de feuillages, de plumes de paon et deroses artificielles aux pétales en pièces dargent. Sous cette lourde parure,qui symbolise peut-être le « fardeau du mariage », la pauvre femmenavance quen chancelant, et pourtant elle est condamnée à porter cebonnet de fête pendant toute une année, souvent même jusquà ce quelledevienne mère; les jours de danse, elle doit se soumettre à la torturedavoir la tète martelée par ce poids qui saute et retombe sur son crâne àchaque mouvement des pas. Ainsi lèvent la coutume.

Les Serbes se distinguent très-honorablement parmi les peuples de lOrientpar la noblesse de leur caractère, la dignité de leur attitude et leur incon-testable bravoure. Certes, il faut que leur énergie passive soit grande pourquils aient pu résister à des siècles doppression et reconquérir leur indé-pendance dans les conditions disolement et de misère ils se trouvaient aucommencement du siècle. De lancienne servitude ils nont gardé, dit-on,que la paresse et la prudence soupçonneuse, mais ils sont honnêtes et véridi-ques; il est difticile de les tromper, mais ils ue trompent jamais. Egaux jadis