CHAPITRE VIII
L’ITALIE
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vue d’fnsemui.k
La péninsule italienne est une des contrées les plus nettement délimitéespar la nature. Les Alpes qui l’enceignent au nord, des promontoires liguresà la péninsule montueuse de l’Istrie, s’élèvent en muraille continue, sansautre brèche que des cols situés encore dans la zone des ldrèts de pins, despâturages ou des neiges. Ainsi que les deux autres presqu'îles du midi del'Europe , la Grèce et l’Espagne , l’Italie était donc un petit monde à part,destiné par sa forme même à devenir le théâtre d’une évolution spéciale del’humanité. Non-seulement le relief du sol limite parfaitement la péninsulelatine, celle-ci se distingue aussi de tous les pays transalpins par le charmedu climat, la beauté du ciel, la richesse des campagnes; dès que l’habitantd’outre-mont a franchi la crête de séparation et commence à descendre surles pentes ensoleillées, il s’aperçoit que tout a changé autour de lui; il estsur une terre nouvelle. Le contraste est plus grand que ne l’est, dans laplupart des régions de la Terre , celui des îles et du continent voisin.
Grâce au rempart des Alpes qui la protège et aux mers qui l'entourent,l’Italie a donc pour ainsi dire une personnalité géographique bien dis-tincte. Des plaines de la Lombardie aux côtes de la Sicile , tous ses paysagesont des traits de ressemblance et sont baignes de la même lumière: ils ontcomme un air de famille; mais que d’oppositions charmantes et de variétépittoresque dans cette grande unité! La chaîne des Apennins , qui se soude àl’extrémité méridionale des Alpes françaises, est l’agent principal de tonsces contrastes. D’abord elle longe la mer comme un énorme mur s’appuyant