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mer, comparativement à son étendue : des cours d’eau, que I on croiraitdevoir être insignifiants à cause de leur faible longueur, doivent au con-traire à l'abondance des neiges et des pluies alpines de rouler une niasse li-quide très-considérable. Plusieurs des grands aflluents du JY» constituaientjadis des obstacles lorl sérieux à la marche des armées; aussi n’esl-il pasétonnant que le lessin, le Mincio, l’Enza, aient, aussi bien que le Pô lui-mèine, seni de frontières politiques.
En aval de son confluent avec le Tessin et surtout au-dessous de la bouchede l’Adda, le Pô, emportant déjà vers la mer les cinq sixièmes des eaux deson bassin, a complètement perdu son caractère de torrent des montagnes.Il ne roule plus un seul caillou, et le sable de son lit est menuisé en tint*poussière. Aucune élévation, pas même un seul plateau d’anciens lorrainsclt' transport, si ce n’est le petit massif de San Colombano, ne se montre surles rives; le fleuve pourrait se promener librement dans les campagnes,s’il n’était retenu à droite et à gauche par des levées ou urgiui , qui for-ment en Europe , après les digues de la Hollande, le système le plus completet le mieux entendu de remparts protecteurs. 11 est probable que dès letemps des Etrusques les rives du fleuve étaient ainsi défendues contre lesdébordements, car Eucain décrit déjà les digues comme si elles existaientdepuis une période immémoriale ; mais lors de l’invasion des barbaresles riverains cessèrent de soutenir contre les eaux de crue une lutte quela guerre et la misère rendaient impossible, et c’est après le neuvièmesiècle seulement qu’ils mirent la main à l'œuvre de reconstruction. En1 i<S0 le travail était complètement terminé, autant du moins que peut1 cire une operation semblable. On comprend de quelle énorme impor-tance économique est le bon entretien des levées, puisque les terrainsprotégés ont une étendue de 1 ,‘200,00(1 hectares; ils donnent un produitagricole de plus de deux cents millions par an et représentent un capitalde plusieurs milliards, auquel s’ajoute la valeur des cités riveraines et desetablissements industriels qu’elles renferment. Mais les villes du moinssont faciles à défendre, grâce à la prévoyance de leurs anciens construc-teurs, Etrusques ou Celles, qui prirent soin de leur donner pour piédestauxdes terrasses artificielles supérieures au niveau des plus hautes eauxd inondation. C’est au commencement de ce siècle seulement que l’éléva-tion constante du niveau de crue, causée soit par la déforestation desmontagnes, soit par la suppression de toutes les brèches du lit fluvial, aforce les habitants de Uevere, de Sermide , d’Osliglia, de Covernolo, deliorgolorle et d’autres villes des bonis du Pô, d’eulourcr leurs habitationsd’une enceinte supplémentaire.