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tractent, leur épaisseur et leur densité s’accroissent : à volume égal ellesprennent un poids supérieur à celui des roches continentales, et celles-cin’exerceraient en conséquence qu’une moindre influence relative sur lesoscillations du pendule’.
Parle régime de ses vents, l’Atlantique açorien se partage entre deuxzones : au nord celle des courants de l’ouest à l’est : c’est la zone del’Europe ; au sud, celle des vents alizés : c’est la zone océanique pro-prement dite. En outre, la région côtière de l’Afrique se distingue aussipar une marche spéciale des airs, le voisinage du continent renversant toutle système pour la formation de brises journalières etde moussons. L’archipeldes Açores occupe à peu près la limite entre les vents alizés et les contre-alizés, qui, descendus des hautes régions de l’atmosphère, deviennent lesvents du sud-ouest et de l’ouest : les courants aériens qui se portent versles côtes de l’ihérie, de la France , des Iles Britanniques commencent danscette partie centrale du bassin maritime. Les immenses recherches dedépouillement faites par M. Brault sur la direction et l’intensité des ventsdans l’Atlantique du nord ont prouvé que les parages de l’ile Florès, l’unedes deux terres occidentales des Açores , sont pendant l’été un véritablecentre de rotation atmosphérique. Les parages de Florès sont la seulerégion de l’Atlantique où les vents du nord soufflent aussi souvent queceux du sud et où les courants de l’ouest font équilibre à ceux de l’est.A l’orient de ces parages, les vents dominants soufflent du nord; à l’oc-cident, ils proviennent du sud; au nord, leur direction principale estcelle de l’ouest à l’est ; au sud, elle est en sens contraire : c’est donc autourde cette région, prise comme centre, que tournoie le grand océan atmo-sphérique de l’Atlantique açoricn. On comprend quelle sera, pour lesmétéorologistes d’Europe , l’extrême importance du Ccâble qui reliera pro-chainement les Açores à tout le réseau des observatoires européens : c’estau point même de croisement des grands courants aériens que sera placéela station maîtresse d’où seront télégraphiées, quelques jours à l’avance, lesprobabilités du temps de l’Europe occidentale. Dans l’organisme nerveuxde l’Ancien Monde, l’antenne télégraphique des Açores sera la plus sensible.
Le mouvement normal des vents dans l’Atlantique açorien est bienconnu depuis que les premiers marins ont parcouru ces mers. Tous ouiété frappés de la régularité des courants qui soufflent au large de Madèreet des Canaries dans l’Atlantique et leur ont donné des noms qui témoi-gnent de leur connaissance de la loi de circulation des vents dans ces pa-
1 Rente Srienti/ique, 20 février 1880.