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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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S A N T A - M A111A , S A X-M1GUEL.

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Santa-Maria, l’ile acorienne la plus rapprochée du Portugal et de Madère,est Piuie des plus petites et des moins populeuses; mais elle parait avoirété plus considérable autrefois, car son piédestal marin, rongé pur les Ilotsque poussent les vents redoutés des parages occidentaux, s’étend à une assezgrande distance au nord-ouest de Pile . A une quarantaine de kilomètres aunord-est de Santa-Maria, les écueils des Formigas et du Formigon , « four-mis naines entourant une lbunni géante », ne sont également que lesdébris d’un îlot d’une dizaine de kilomètres en longueur. Si la mer adétruit une partie de la base sur laquelle reposait File de Santa-Maria,celle-ci s’est accrue d’autre part, grâce à un mouvement d’émersion :les traces d’anciennes grèves se voient sur le pourtour de File jusqu’à lahauteur de 90 mètres. Depuis longtemps cette extrémité occidentale de l’ar-chipel açorien paraît n’avoir plus d’éruptions ni de frémissements volca-niques : aucun des cratères de File n’offre de scories récentes, et les cou-lées délavé sont usées par les intempéries ou bien recouvertes par l’humuset la végétation. Santa-Maria se distingue des autres Açores par la présencede quelques bancs d’un calcaire qui se forma sous les eaux avant le soulè-vement des côtes : ces dépôts, qui datent de la fin de l’époque miocène,sont utilisés activement par les chaufourniers, qui transportent la chauxà Poula-Delgada, dans File de San-Miguel ; les argiles rouges de File serventaussi à la fabrication de la pouzzolane 1 .

Le chef-lieu de Santa-Maria, Villa do Porto ou la « Ville du Port », nemérite guère son nom : sa crique, simple échancrure de la côte méridionale,est exposée aux vents de l’ouest et du sud ; la tenue y est mauvaise, et sou-vent les navires sont obligés de mouiller en rade, prêts à s’enfuir au signaldu danger. Santa-Maria est une des îles qui ont eu le plus à souffrir desincursions de pirates algériens et français , au seizième siècle. Dans lesannées sèches, elle est menacée de la disette, parfois de la famine.

San-Miguel, la plus grande des îles et de beaucoup la plus impor-tante, puisqu’elle contient près de la moitié des habitants de l’archipel,se compose en réalité de deux terres distinctes dont l’intervalle a été com-blé par une série d’éruptions. Une multitude de cônes volcaniques, rap-pelant de loin par leur forme celle d’une rangée de taupinières, occupecet espace intermédiaire, au-dessus de la plaine rocailleuse formée par lescoulées de laves qui se sont épanchées des deux îles primitives. Les cendres

1 G. llartung, ouvrage cité.

XII.

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