Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
46
JPEG-Download
 

.NOUVELLE GEOGRAPHIE EM VERSEE LE.

itî

luis l'étude jit'.olooi<jne du cratère ne juslilu 1 point ce dire des indigènes,inspiré par l’amour dn merveilleux. C’est aussi l’imagination populaire(jui a donné à l’enceinte circulaire le nom de Caldeira das Sele Cidades,la « Chaudière des Sept Villes» : sans doute l’on crut avoir trouvé les « SeptCités » de l’Antilia fondées par les sept évètjues légendaires qui s'étaient,enfuis du Portugal , lors de l’invasion des Maures; maintenant les sept citésengouffrées dormiraient au fond des eaux. La [dus grande profondeur ducratère immergé dépasse 10IÎ mètres: c’est de là probablement que jaillirentautrefois les cendres d'éruption. Le lac est double. La nappe d’eau vertede la « Grande Lagune » occupe la dépression septentrionale de la chau-dière, mais une simple llèclie, à peine émergée, la sépare d’une autrenappe d’eau, la Lagoa Azul ou «Lagune Azurée », qui s’étend jusqu’à labase des escarpements boisés, dans la partie méridionale de l’enceinte. Ungracieux village égrène ses maisonnettes sur les pentes jusqu’au diaphragmedes deux lacs, et quatre volcans à cratère, dont le pourtour est découpé enforme de collerette, s’élèvent en diverses parties de la chaudière. Chacundes deux volcans du sud contient, un petit lac au fond de sa coupe ter-minale. On dit que des galeries profondes, d’où les laves fluides s'épanchè-rent directement dans la mer voisine, traversent de part en part la paroides Sete Cidades '.

C’est dans le voisinage de la chaudière des Sept Villes que, pendant lapériode historique, des volcans sous-marins se sont élevés sur la côte deSan-Miguel. Au large du rivage méridional, devant le port de Villalïanea,se voit un cratère échancré d’une admirable régularité de formes, où lespetits bateaux trouvent un abri sûr dans les tempêtes; mais ce volcand’oriu'ine sous-marine est d’une époque inconnue. La première érup-tion que les Açoriens virent en pleine mer se produisit en 1058. Alorsune colonne de cendres, « haute comme trois tours superposées », jaillit dela mer au sud-ouest du cap Ferra ri a, et peu à peu un cône noirâtre sedressa hors des eaux; mais l’ile nouvelle n’eut qu’une existence de quel-ques mois : les premières tempêtes de l’hiver la démolirent, laissant unhaut-fond à la place. Au sud-ouest de l’endroit où s’éleva cette île éphémèreune autre apparut en 1811 : la fameuse Sabrina, ainsi nommée d’aprèsla frégate anglaise dont l'équipage resta pendant des semaines témoin del’éruption. Des jets de scories et de cendres, se succédant par intervalles,s’élevaient de beaucoup au-dessus des falaises de la côte voisine, à plus de200 mètres de hauteur; un nuage de vapeurs, entourant la partie supérieure

1 V. F. Wulker, The Azores .