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de la colonne de débris, lournoyait dans le ciel comme une immense roue;des éclairs jaillissaient de la masse des nuées tourbillonnantes, et destrombes inclinées sous le vent bouleversaient les Ilots autour du jet central.Dès le quatrième jour se montra la première plage noire de Sabrina, pa-reille au dos d’un monstre; dans l’espace de trois heures l’ile avait déjà(i mètres de hauteur et s’arrondissait en un cratère ébréché de 450 mètresen circonférence, d’où l’eau s’épanchait à marée basse eu un fleuve d’eaubouillante et que la mer emplissait de nouveau à marée haute. Seize joursaprès le commencement de l’éruption, le cône volcanique atteignit ses plusgrandes dimensions, 75 mètres de hauteur et 1850 mètres de pourtour.Un raconte, sans preuve à l’appui, que les Anglais y plantèrent leur drapeau,heureux de la bonne fortune qui leur donnait l’emplacement d’une cita-delle au centre de l’Océan ; mais, entièrement composé de cendres et de sco-ries sans cohésion, le Gibraltar espéré ne put résister au heurt des vagueset disparut peu à peu : bientôt après la sonde trouvait une profondeur de"28 mètres à l’endroit où s’était élevée File de Sabrina 1 .
Le premier établissement des immigrants portugais et «maures » sur larive méridionale de San-Miguel porte simplement le nom de Povoa<;ào ou de« Village ». Le chef-lieu qui lui succéda fut Yillafranca, également situéesur la côte méridionale, au bord d’une rade que protègent contre les ventsd’ouest l’ilol volcanique et l’isthme de bas-fonds unissant cet ilôt au lit-toral. .Mais en 1522 la ville fut entièrement détruite par une éruption : descoulées de terre et de limon, s’échappant en avalanche des montagnes situéesau nord, descendirent sur Yillafranca et l’engloutirent avec les cinq millepersonnes qui l’habitaient; d’autres « déluges de terre », disent les chro-niqueurs, s’abattirent sur divers points du littoral et s’avancèrent dans lamer en promontoires.
Yillafranca, patrie du fameux voyageur Bento (Benedict) de Goes, quipénétra au centre de l’Asie dans les premières années du dix-septièmesiècle, est redevenue ville populeuse et fait un commerce direct avecl’Angleterre; toutefois une autre cité a pris rang de capitale, Ponta-Delgada ou « Pointe-Effilée », située plus à l’ouest, au delà du grosbourg d’Alagoa et sur la même côte du sud : c’est la quatrième ville duPortugal par le nombre des ' ' ' s. La saillie de la côte qui lui a valuson nom protégeait quelque peu sa rade contre la fureur des ventsd’ouest; mais cet abri précaire était insuffisant pour les navires qui fré-quentent la rade de Ponta-Delgada ; en moyenne, les communications
1 Webster, Description of llæ Island of Saint-Michael ; — llurtung, ouvrage cité,xu.
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