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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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EXPLORATION, CONQUÊTE DES CANARIES.

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pée par un de leurs concitoyens. Le « portulan médicéen » constate cetteprise de possession des Génois, et Pétrarque , né en 1304, nous apprendque « tout un âge d’hounne avant lui » une flotte génoise s’était avancéejusqu’aux Canaries. Le nom de Lanzarote , donné à la plus septentrionaledes sept grandes îles, est celui du conquérant génois, d’origine normande,Lancelot Maloisel ou Lanciloto Malocello (Lanzaroto Maroeello), dont lafamille fut l’une des plus puissantes de la république depuis le commen-cement du douzième siècle jusqu'à la fin du seizième 1 . En 1402, lorsqueles Normands de Bétheneourl occupèrent l’ile de Lanzarote , ils y trou-vèrent « ung vieil eliastel que Lancelot Maloesel avoit jadiz fait faire, celonce que l’on dit 5 ».

Pendant le quatorzième siècle, les Canaries furent visitées fréquemmentpar des Européens , soit pirates, soit naufragés, et dès 1531 les t ’ soffrent un tracé exact de l’archipel, précisément avec les noms que les îlesportent encore aujourd’hui, si ce n’est Tenerife , qui s’appelait île d’Enlerà cause de sa montagne embrasée. Les rois d’Europe commençaient à sedisputer ces terres océaniques, et en 1544 le pape Clément M en fitcadeau à un de ses protégés, l’infant Luis de la Cerda, qu’il nomma« prince de la Fortune » ; mais le nouveau souverain n’eut pas les ressourcessuffisantes pour aller prendre possession de son royaume. Toutes les expé-ditions faites dans ces parages, même celle que dirigèrent en 1541 les deuxItaliens Angiolino di Tagghia et Nicolosi di Ilecco pour le roi de PortugalAffonso IV, furent des aventures de pillage, non de conquête. Ainsi(pie le dit la chronique du Canarien : « Lancelot souloit estre moult peu-plée de gens; mais les Espaignols et autres corsaires de mer les ont parmaintes fois pris et menés en servaige. » La prise de possession ne com-mença qu’en l’année 1402, lorsque le Normand Jean de Bétheneourldébarqua dans l’île de Lanzarote à la tète de cinquante hommes. 11 futbien accueilli par la population, d’ailleurs très clairsemée ; mais des dis-sensions intestines, le manque de vivres et de munitions, une expéditioninfructueuse dans Fuerteventura auraient condamné cette tentative à n’ètrequ’une course de pirates comme les précédentes, si Béthencourt n’était alléoffrir la suzeraineté de ses futures conquêtes au roi de Castille, en échangede secours en hommes et en argent. Grâce à cet appui, il put s’emparerde Fuerteventura en 1404, puis de Pile de Fer en 1405; toutefois lesincursions qu'il fit dans les autres îles furent repoussées, et Gomera seule

1 D'.Avezac, ouvrage cité.

i Jean de Béthencourt, Le Canarien, publié par Gabriel Gravier .