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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
ouest; d'autre part, une partie de la ville est soumise à l’action de la brisequi souffle du sud en remontant les pentes. Humboldt cite en témoignagede cette superposition normabe des vents deux moulins qui travaillaientpresque toujours en meme temps, l’un tournant ses ailes an vent dunord-ouest, l’autre au vent du sud. En se rencontrant sur ce plateau,« comme sur un cbamp de bataille », dit Smytb, les courants opposés dé-posent leurs vapeurs et c’est à l’humidité de l’air quebaguna doit une végé-tation plus active que celle des pentes voisines exposées à un seul courantaérien; sur ses toits poussent en broussailles des sempenirem urbiewnqui ne se voient pas sur les maisons situées plus bas'. Ainsi les habitantsîle Tenerife et des autres îles montueuses peuvent à volonté changerde climat, étudier et choisir la température et l’humidité qui leur con-viennent. Grâce à ce privilège que possèdent les Canaries comme sana-toire, le nombre des étrangers malades qui vont y chercher la guérison oula prolongation de la vie devient-il chaque année plus considérable. 11 estprobable que, dans un avenir prochain, les Canaries l’emporteront surMadère par le nombre annuel des visiteurs, quoique les indigènes, crai-gnant l’infection de la maladie, les voient arriver avec peine. Les îles ont,il est vrai, le désavantage de se trouver plus éloignées de l’Europe ; maiselles sont plus rapprochées de tous les établissements de la côte d’Afrique ,dont le séjour est si dangereux pour les immigrants européens ; en outre,on n’y a pas l’ennui de se sentir dans une grande prison comme à Madère :d’île à île, grâce à la vapeur, les voyages sont devenus faciles, et lesphénomènes de la nature s’y montrent sous un aspect plus grandiose.
Moins bien arrosées que Madère et surtout que les Açores, les Canaries n’ont pas la même parure verdoyante que les archipels septentrionaux ;elles offrent un aspect plus terne, et en maints endroits leur sol est mêmecomplètement aride. Dans le voisinage du littoral la végétation disparaîtpresque dans la teinte générale des terrains : les plantes grasses auxnuances bleuâtres prédominent et se confondent en maints endroitsavec les tufs volcaniques 5 . Dans les îles orientales, Lanzarote et Fuerteven-tura, on ne voit plus ni forêts, ni grandes nappes de plantes associées :l’aspect général de la contrée est déjà celui de la steppe. Mais les îles occi-dentales ont du moins gardé çà et là des lambeaux de forêts : la plusriche en grands arbres est Palma , de toutes la plus occidentale et aussila plus largement fécondée par les pluies.
1 Ilumbolilt, L. von Bueh, ouvrages cités.
5 Grisebacb, La Végétation du Globe, traduit par Tchihatchef.