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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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ANCIENS HABITANTS DES CANARIES .

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leur revenaient toujours en héritage. Les nobles, très fiers, racontaientque leur ancêtre avait été créé avant l’aïeul des pauvres et que celui-ciavait reçu pour ordre de servir, lui et sa race. Ils auraient cru déroger parle travail manuel; il leur était surtout interdit de verser le sang des ani-maux, quoique en bataille ils pussent se glorifier de verser celui deshommes; des Espagnols captifs-ils firent des bouchers et des équarrisseurs.Cependant ils ne constituaient point une caste fermée : tout plébéien ou« tondu » pouvait entrer dans leurs rangs, grâce à une action d’éclat ouà l’amitié d’un grand; le prêtre l’admettait parmi les nobles en assem-blée publique. Le pouvoir des chefs était limité par un conseil suprême,qui discutait les affaires d’Etat, jugeait et punissait les criminels. Le sui-cide était en honneur à (Iran Canaria : quand un seigneur prenait pos-session de son domaine, il se trouvait toujours quelqu’un disposé à mourirpour honorer la fête. « Le pauvre misérable se précipitait dans un gouffreoù il se démembrait et mettait en pièces. Dont pour reconnaissance, leseigneur est tenu d’honorer grandement et rémunérer d'amples dons lesparents du défunt 1 . »

Souvent des vieillards de Palma exigeaient qu’on les laissât mourir seuls.Après avoir salué leurs parents et amis, ils prononçaient les mots : « Va aiijuare, » « Je veux mourir, » et on les transportait dans la grotte sépul-crale, sur un lit de peaux ; à coté d’eux on plaçait une jatte de lait et touss’éloignaient pour ne plus revenir 5 . Les modes d'inhumation variaientselon les îles. Dans l’islela de Cran Canaria, les cadavres étaient placésen des (ombelles recouvertes de blocs. Dans Tenerile, de nombreusesmomies embaumées, en parfait état de conservation, ont été retirées degrottes sépulcrales et de caveaux recouverts de terre végétale; c’étaient lestombeaux des gens riches. Ces momies sont couchées sur le dos, les brasétendus le long du corps, les pieds joints, et sont très soigneusementenveloppés de peaux, cousues avec une étonnante finesse au moyen d’ai-guilles d’os ou d’arêtes de poissons : les procédés d’embaumement, pa-raissent avoir beaucoup ressemblé à ceux des Egyptiens . A côté de chaquemomie se trouvaient ordinairement un r/arrote ou bâton grossier, destinésans doute à soutenir le mort durant le grand voyage, et un vase pleinde miel pour sa nourriture.

Depuis le seizième siècle, les Guanehes de Tenerife , les Berbères desautres îles ont cessé d’exister en corps de nation. Pendant plus d’un siècle

1 Xavigalions d'AIoys de Cadamosto .

* Viera y Clnrijo; — XYetib et Berthelet.