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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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AGRICULTURE ET COMMERCE DES CANARIES .

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dans l’ile de Palina et aux alentours de Telde, dans Gran Canaria ; lescigares des Canaries sont à peine moins estimés que ceux mêmes de laHavane. Quant aux plantes comestibles, celles que l’on cultive le plus dansl’archipel après les céréales sont les oignons et les pommes de terre, intro-duites directement du Pérou au commencement du dix-septième siècle 1 ;des barques à voiles latines transportent ces produits en huit ou dix joursà Cuba et à Puerto-Bico : ce ne sont pas les denrées qu’on eût attendues del’île des Bienheureux 5 . Les oranges, que Bory de Saint-Vincent croyait, àtort, originaires des îles Fortunées, y sont exquises, mais on n’en exporteguère.

La production agricole est insuffisante pour la population, qui aug-mente d’année en année et, quoique la vie soit peu coûteuse aux Ca-naries , grâce à la franchise des ports, l’émigration enlève à l’archipel ungrand nombre de jeunes gens cherchant fortune; c’est ainsi que s’ex-plique l’excédent si considérable de femmes que le recensement de 1877a constaté dans les îles : on compta 150 000 hommes, tandis que lesfemmes étaient au nombre de 150000. L’acclimatement est difficile, dit-on,pour les Canariens expatriés : habitués à la douceur et à l’égalité de leurclimat, ils tombent facilement malades à l’étranger. La plupart se rendentà la Havane, d’où quelques-uns reviennent après richesse acquise, sous lenom d’« Indios », signifiant aux yeux de leurs compatriotes qu’ils pos-sèdent tous les trésors de l’Inde. Lorsque la Louisiane appartenait à l'Es-pagne , de 1705 à 1800, des Canarienss’v rendirent par milliers; mais dansce pays où le travail se faisait principalement par des mains esclaves, lesblancs qui s’abaissaient au travail manuel étaient tenus en grand mépris.Presque tous ces immigrants, désignés par le nom d’islenos ou Islingues,c’est-à-dire « Gens des lies », s’établirent dans les terres basses du litto-ral, au milieu des bois, des savanes et des marais. Plusieurs de leurscolonies s’y sont maintenues jusqu’à nos jours, sans se fondre avec lesautres habitants de l’Etat louisianais.

Des écueils et de petites îles commencent au nord-est la rangée des Cana-ries proprement dites. La première île, Alegranza, qui porte encore le nomgénois qui la désignait sur les cartes du quatorzième siècle, ne mériteguère cette appellation : c’est une terre rocheuse et aride, formée de cen-

' !.. von Burli. ouvrage cilé.

- Christ, Frithliiu/sreise in den Canarischen Inseln; — Parfait, Bulletin de la Société de Géo-tjraphie de Roche fort, 1882, 11.