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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
celles de Lanzarote et les pluies n’y disparaissent pas immédiatement dansle sol. Malgré cet avantage, malgré la fertilité de ses vallées, célébréepar un proverbe canarien , l’antique Erbanie a probablement moins d’habi-tants qu’aux temps de la conquête. Quoique fort grande, puisqu’elle aplus de 100 kilomètres de long, du nord-ouest au sud-ouest, et que,parmi les Canaries, Tenerife seule la dépasse en étendue, Fuerteventura amoins d’habitants que les villes populeuses de l’archipel ; en 1877, sa popu-lation n’était pas meme tout à fait de sept individus par kilomètre carré,ha cause principale de cette faible densité de peuplement est l’accaparementdu sol en quelques mains : malgré l’abolition des majorats, plus de lamoitié de l’île appartient à une seule famille, dite des « Colonels », et touteune hiérarchie féodale de majordomes et d’intermédiaires règle la répar-tition du sol et la rentrée des récoltes et des rentes. La péninsule méri-dionale de Jandia, qui forme comme une île distincte de ISO kilomètrescarrés, appartient à un seul fermier, qui en 1885 n’y avait encore réunique 07 habitants '.
La partie septentrionale de l’île ne présente guère que des sables et desbuttes de scories; mais le sol se redresse peu à peu, formant une arêtemédiane, fort irrégulière, qui se prolonge du nord-est au sud-ouest suivantl’axe de l’ile. Cette arête consiste en roches cristallines, syénites, diorites,diabases, où se montrent cà et là des assises de schistes argileux et de cal-caires. A droite et à gauche de la chaîne, des cônes à cratère se sont faitjour et des laves emplissent les vallons. Les montagnes del Cardon ter-minent la chaîne médiane et se réunissent à la péninsule mon tueuse deJandia par une arête de basaltes et de calcaires, haute de 100 mètres à peine,que recouvrent des sables et qui se redressent soudain pour former uneparoi dominant de 800 mètres la mer occidentale 1 2 . Un mur, de construc-tion eyclopéenne, séparait autrefois la grande terre et sa péninsule méri-dionale : tous les débris n’en ont pas encore disparu cl le laite de sable esttoujours dit «Isthme de la Muraille» (Istmodela l'ared). Les Matas Blancasou les « Dunes Blanches », qui se déroulent sur celte langue de terre, sontcomposées de coquillages brisés dans lesquels on enfonce comme dans laneige; les rares plantes qui se montrent sur les sables sont couvertes decoquilles. Bans l’intérieur de la dune, les racines se pétrifient peu à peu ens’impreignant de substances calcaires, et quand on les retire du sol, oncroirait avoir sous les yeux des rameaux de corail. Là où lovent a balayé