Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
155
JPEG-Download
 

SAXTO-AXTÂO, SÀO-VICEXTE.

] 55

teau d’éruption. Le géologue Doelter pense que cette haute plaine est unancien tond de cratère : le Topo da Corôa serait le Vésuve d’une grandeSomma circulaire dont on voit encore le pourtour déchiré; les éruptionsauraient détruit l’aspect primitif du gigantesque volcan'.

l.a colonisation fut tardive dans cette île de Sanlo-Anlâo, la plus éloignéede la terre ferme, et ne commença, au milieu du seizième siècle, que parl'introduction d’esclaves. Les premiers colons européens se présentèrentà la lin du siècle dernier et au commencement de celui-ci : dans lenombre se trouvaient des Canariens, qui tentèrent avec succès la culturedu froment sur les hautes pentes. Dès l’année 17X0, les esclaves de Saint-Antoine avaient été déclarés libres, maison ne tint pas compte du décret etl’honneur de l’affranchissement fut réservé à une autre génération*. Lesnègres purs sont fort rares à Saint-Antoine : la population presque toutentière se compose de gens de couleur, et l’on en voit qui, tout en ayantla peau très foncée, ont les cheveux blonds et les yeux bleus 1 * 3 4 . Les femmes,dit Doelter, sont beaucoup [dus nombreuses que les hommes dans larace île Saint-Antoine. Les habitants de cette île se groupent en quel-ques villages du littoral, principalement dans les vallées de la côte nord-orientale et dans la petite ville de Uibeira-tirande, que Duguay-Trouin attaqua vainement en 1711. Sur les montagnes voisines, entre 900 et1-00 mètres d’altitude, on a commencé avec le [tins grand succès la plan-tation des chinchonas : en 1X82, la foret naissante comprenait près d’unmillier d’arbres*.

Sào-Vicenle ou Saint-Vincent est une dépendance géographique de Saint-Antoine. Masquée par cette île plus grande et plus haute, (die est privéede pluies pendant presque toute l’année et parfois même la sécheresse y estcomplète : on n’y trouve qu’une ou deux avares fontaines et l'on ne peut encultiver qu’une seule vallée. Plus de trois siècles se passèrent après ladécouverte sans que les Portugais y fissent une tentative de peuplement :c’est en 1795 seulement que des colons s'y établirent, mais colons involon-taires, nègres esclaves et condamnés blancs; en 1829, la population del’ile s’élevait à cent vingt individus. Pourtant on n'ignorait pas que Sâo-\icente possède le meilleur port de l’archipel, ancien cratère dont les

1 Die Yttlcaiie der Capverden mal dire Prodiiele.

- Travassos Yaklez, Africa occidental.

3 Lopes île Lima , ouvrage cité.

4 Manuel BorcLillo l’inheiru, Boletim da Sociedade de Geographia de Lisboa, 1885.