BOA-VIST A, SAO-THIAGO.
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roches nues, n’est guère qu’un lieu de déportation : les nègres qui l'habi-tent exploitent les salines du littoral, pèchent dans les criques, élèvent destroupeaux: ils courraient le risque de mourir de faim si des vivres ne leurétaient apportés de la terre voisine, la grande île de Sâo-Thiago.
La plus vaste et la plus populeuse des Caboverdiennes, l’ile de Sào-Thiagoou « Saint-Jacques », se distingue heureusement des trois îles orientales del’archipel par la bonne culture et la fécondité de ses vallées : maïs, hari-cots, riz, ignames, bananes, oranges, sucre, tels sont les produits de cetteterre favorisée. L’ile est montueuse et vers le centre se dresse le Pico daAntonia, — ou Antonio, en souvenir du navigateur qui découvrit l’ile, —volcan ruiné, d’environ 1800 mètres de hauteur, dont la pente descendbrusquement vers le sud. Pourtant, ainsi que l’ont prouvé les son-dages faits pour la pose du télégraphe sous-marin, la déclivité de l’ileest encore plus considérable sous les flots que dans la partie émergée : àun peu plus de 7 kilomètres du rivage, la sonde n’atteint le lit marin qu’à2250 mètres de profondeur'. Lue partie des laves de Sào-Thiago est d’ori-gine sous-marine : parmi les matières qu’ont rejetées les volcans se trou-vent des bancs d’un calcaire blanchâtre mêlé aux laves noires*.
L’ancienne capitale de File Sâo-Thiago et de tout l’archipel n’a plusguère laissé qu’un nom : Riheira-Grande. Life était fort mal située, quoiqueau bord du lit caillouteux, parfois humecté, qui lui avait valu son appella-tion de « Grande Rivière ». Exposée à toute la chaleur du midi, ne recevantjamais le sou Rie rafraîchissant des vents du nord, qu’arrêtent les montagnesde l’intérieur, exposée aux miasmes de la plaine, n’ayant qu'un lieu d’an-crage agité parla houle, Ribeira-Grande était en outre difficile à défendrecontre une attaque : en 1712, les Français débarquèrent, prirent la forte-resse d’assaut et détruisirent presque entièrement la ville. Quoique ruinée,(die garda le litre officiel de capitale et servit de résidence au gouverneurjusqu’en 1770, époque à laquelle Villa da Praia , également insalubre,mais assainie depuis cette époque, fut désignée pour chef-lieu. Située aubord d'une baie semi-circulaire, où les navires sont parfois en dangerquand soufflent les vents du sud, la Praia aligne ses maisons basses etbariolées de couleurs vives sur une nappe de laves anciennes, descenduesde volcans d’environ 200 mètres de haut, qui bornent l’horizon du nord;