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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

disposés régulièrement à droite et à gauche de la côte du Sénégal propre-ment dite.

La partie du littoral comprise entre le cap Vert et le cap Roxo se déve-loppe sur une moindre longueur que la plage sénégalaise : de l’un à l’autrepromontoire la distance est d’environ 275 kilomètres en droite ligne ; maisdans son ensemble la côte se dessine suivant une courbe dont la concavitéest tournée vers l’est. Le tracé primitif, tel que le révèlent les flèches desable et les barres sous-marines au-devant des estuaires, est d’une granderégularité ; toutefois le littoral est profondément découpé par les entonnoirsmarins dans lesquels se déversent les fleuves, et les strates de grès ferru-gineux sont recouvertes d’alluvions sur de vastes étendues. Quant, à larégion côtière comprise entre le cap Roxo et l'île Sherbro, elle a perdu touteapparence de régularité; elle est au contraire tailladée par les vagues enmille baies inégales, et des îles, des écueils parsèment les mers voisines dela côte : c’est par la ligne des sondes au large du littoral que l’on peutreconnaître le bord du piédestal qui porte le continent et qui fut proba-blement l'ancien rivage de la terre ferme ; l’aecore sous-marine qui marquele bord du piédestal et au pied de laquelle les sondeurs cherchent le fondà 1000 et 2000 mètres, se développe aussi régulièrement à l’ouest del’archipel des Bissagos qu’au large du Sahara . D’ailleurs, le long des côtesde la Sénégambie méridionale, les bandes de terrains, alluvions etlatérites, ne diffèrent pas des strates que ri résente le littoral au nord ducap Roxo

Mais quelle est la raison de ces bizarres découpures du continent et dela destruction du sol primitif, changé en archipels et en bancs de sable?L’élude de cette contrée, dite les « Rivières du Sud », montre que lapartie déchiquetée des côtes séuégambiennes correspond exactement parla latitude au faîte des montagnes du Fouta-Djallon : la ligne de plus grandepente entre les hauteurs de la chaîne et les indentations du littoral estmarquée par les vallées fluviales et leurs prolongements les estuaires ma-rins. A la vue de la carte, si rudimentaire qu’elle soit encore, il est impos-sible de ne pas reconnaître une connexion entre ces deux traits géographi-ques parallèles des montagnes et du rivage : on cherche entre, les monts etles indentations de la côte un rapport de cause à effet. Les rivières descen-dues du Fouta-Djallon ont creusé les vallées et contribué pour une certainepart à la formation des estuaires ; mais ne faut-il pas faire intervenir aussi,dans le travail de sculpture des côtes, un autre agent géologique, les gla-ciers? Il est vrai que le climat actuel de ces régions est bien différent decelui qui pourrait avoir épanché des fleuves de glace dans les plaines de la