178
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
mont que par le cheminement d’anciens glaciers? C’est à eux que serait dûle travail de destruction qui a lait reculer la côte sénégambienne d’unecentaine de kilomètres dans l'intérieur.
Occupant près de 1*2 degrés en latitude, et dressant ses principales cimesà plus de 1800 mètres, le territoire de la Sénégambie doit offrir une grandevariété de plantes et d’animaux, ; _ enant du reste à deux aires dis-tinctes, la région des savanes voisines du Sahara et celle des grandes forêtsnigritiennes. De même, au point de vue ethnologique, la Sénégambie pré-sente de grands contrastes. Les habitants n’ont point d’unité politique nide cohésion sociale. Ils appartiennent à des races diverses et se fractionnenten de nombreux Etats, royaumes, républiques centralisées ou fédérales,communautés religieuses, tribus errantes, groupes de familles qui se dis-persent ou s’entremêlent. La partie centrale du pays, le massif du Foula-Djallon, est occupé surtout par des Foula, ces hommes bronzés quel’on distingue des nègres proprement dits; autour d’eux, sur le littoralmaritime et sur les hauts affluents du Sénégal et de la Gambie , viventdes tribus nigritiennes, tandis que des peuplades berbères, plus ou moinsmélangées, parcourent les régions situées au nord du Sénégal . L’interven-tion des marchands européens a créé de nouveaux centres d'attraction pources populations diverses et en a ainsi modifié le groupement et les alliances ;puis les gouvernements de l’Europe occidentale, appelés par les intérêtsde leurs sujets respectifs, ont pris, de force ou par achat, possession desterritoires voisins des marchés. C’est ainsi que le Portugal , le premier parla date de ses conquêtes, possède l’archipel des Bissagos et une partie dulittoral voisin, reste d’un domaine qui s’étendait dans les régions illimi-tées du Soudan . L’Angleterre a établi ses comptoirs à la bouche de laGambie et en plusieurs endroits du cours de ce fleuve. La France a pris unterritoire beaucoup plus vaste. Toute la partie du littoral qui s’étend ducap Blanc à la rivière Saloum, soit un développement côtier de 750 kilo-métras, et la zone, découpée de rivières, comprise entre le rio Auriez et laMellacorée, soit un espace d’environ 250 kilomètres, appartiennent à laSénégambie française ; entre ces deux grandes régions côtières, le bassin dela Casamance forme une enclave également attribuée à la France . Dansl’intérieur du continent, ses possessions, jalonnées de distance en dis-tance par des forts, s’étendent en droite ligne jusqu’à plus de mille kilo-mètres du cap Vert : elles dépassent, à l’est, les sources du Sénégal , fran-chissent les seuils de partage vers le Alger , et même atteignent ce fleuve,qui leur sert de limite conventionnelle sur une grande partie de son cours.Enfin, en vertu d’un traité récent conclu avec le gouvernement portugais ,