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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
jaune est resté hissé pendant deux mois. M. Bouquet de la Gryc proposede fixer l’entrée du fleuve au moyen d’une jetée curviligne, qui formeraitle prolongement de la rive gauche.
Si difficile que soit l’entrée du fleuve, si longue que soit l’interruptionannuelle de la navigation, si pénible que soit la remonte du courant pen-dant la période des hautes eaux, le Sénégal n’en a pas moins une valeurhistorique de premier ordre comme chemin de pénétration dans le Soudan .Ceux qui, encore au siècle dernier, considéraient le Sénégal comme l’unedes ramifications du Niger ', ne se trompaient qu’à demi : les deux fleuvesse continuent l’un l’antre à travers l’Afrique sur la lisière de la zone àgrandes pluies. C’est le Sénégal qui a permis au courant commercial depénétrer au loin dans l’intérieur, et ce même cours d’eau a fait naître unEtat politique, constitué par la série des forts et des comptoirs qui bordentses rives. Qu’est le Soudan français, sinon la voie du Sénégal se prolon-geant à l’orient par les eaux du fleuve de Tombouctou ?
Au nord du Sénégal il n’y a point de rivière permanente dans le terri-toire attribué politiquement à la France . La « rivière » Saint-Jean dontparlent les anciens routiers, et qui est figurée sur nombre de caries, n’estautre chose qu’un estuaire s’avançant au loin entre le cap Mink et l’extré-mité méridionale du banc d’Arguin. Toutes les eaux pluviales qui tombentdans la région du littoral s’amassent en lagunes, temporaires ou perma-nentes, salines, saumâtres ou douces, qui se forment le long de la cote sé-parée de la mer par le cordon de dunes : un de ces étangs, le lac Teniahé,a parfois une quarantaine de kilomètres en longueur et communique pen-dant la saison des pluies avec le marigot des Maringouins : il appartientindirectement au bassin du Sénégal. Au sud de la barre sénégalaise il n’ya point de rivières jusqu’au Saloum, sur un espace de 500 kilomètresde côtes. D’après la légende, qui d’ailleurs ne paraît point justifiée, il n’enaurait point été ainsi dans les temps anciens; alors le Sénégal aurait con-tinué son cours vers le sud-ouest, à l’abri de la chaîne des dunes du
Cayor, et se serait déversé dans le golfe de Dakar . Il est vrai que là aussi,comme au nord du Sénégal , les eaux de pluie s’amassent à la base desdunes, le long de leur versant continental, et forment ainsi une chaîne deni a yen, mares et même petits lacs qui ressemblent au lit abandonné d’unfleuve. Mais ces nappes d'eau intérieures ne sont pas assez abondantespour rompre le cordon littoral qui les sépare de la mer; suivant les sai-sons, elles s’accroissent ou se réduisent en étendue, empestant 1 atino-
1 Liibat, Nouvelle Relation de l’Afrique occidentale, 1728.