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des « gens libres », une socle de demi-aristocratie fort redoutée que l’on ditissue du mariage d’un revenant avec une vivante, puis les gens de métier,bijoutiers, forgerons, tanneurs, fabricants de sandales, les chanteurs ougriots, les hommes occupés aux travaux serviles, enfin les esclaves 1 . Lesgriots, quoique nécessaires à toutes les fêtes, sont des hommes sans droits:êtres méprisés et méprisables, puisque leur métier, pareil à celui desTsiganes huitiwi ou « louangeurs » de la Roumanie , consiste a vanter ceuxqui les payent, à célébrer les défauts et les vices du patron comme desqualités et des vertus, à chatouiller les vanités par le mensonge; ils viventdans la honte, mais parfois ils se redressent et leur vengeance est terrible,car nombre d’entre eux sont à la fois sorciers et médecins, habiles à tuerpar des incantations magiques. Il est aussi des griots et des griottes qui seséparent de la foule des musiciens et joueurs de lamtam pour devenirimprovisateurs et poètes. Dans les villages de l’intérieur les griots ne sontpoint enferrés comme les autres Ouolof : leurs corps sont placés dans lesarbres creux, où les bêtes de proie viennent les déchirer; mais ils auront,disent-ils, leur immortalité à part de tous les autres hommes.
Il ne se fait point de mariages entre les hommes et les femmes de castesdifférentes. La polygamie est dans les mœurs, et la femme est « enchaînée»à son mari comme la jeune fille était enchaînée à son père; elle n’a pointde droits personnels, et quand son mari meurt, elle appartient à son beau-livre : elle doit même simuler la mort, rester accroupie et sans mouve-ment jusqu’à ce que la sœur du mari vienne la ressusciter, pour ainsidire, en lui faisant sa toilette de deuil. L’usage permet encore le jugementdes morts. Avant l’ensevelissement, les voisins s’assemblent pour louerou blâmer le défunt , célébrer ses vertus ou déplorer ses vices. Mais au bordde la tombe, qu'elle soit ou non arrosée du sang d’un bœuf ou de touteautre victime, on ne doit [dus que de la bienveillance aux morts. Dansquelques pays ouolof, dans le Raol notamment, le toit de la cabane estenlevé et placé sur la tombe, nouvelle demeure de l’ami qu'on vient deperdre. Une coutume touchante prévaut encore chez les Ouolof, féti-chistes, mahomélans ou chrétiens : pendant toute l’année qui suit la mort,la part de nourriture habituelle du défunt est remise à un voisin pauvre ouà un esclave. Kn revenant du cimetière ou de la maison du mort, il fautprendre bien soin de faire beaucoup de détours et d’errer comme à l'aven-ture, afin d’égarer le génie du mal qui voudrait entrer dans une autrecabane et saisir une nouvelle proie.
1 T:iul;im. mémoircM'ilé : — lîoilnt, liémigi'r-FiTiiml, olc.