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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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Lérieur du pays, on la revêt do terre. La plupart dos indigènes croient à lamétempsycose.

Do tous los nôtres do la Sénégamhie los Soror sera ion l los plus enclins àl'ivrognerie : nulle part ou no huit aulaut de colle affreuse mufjnra,buisson fatale dans laquelle, outre l’alcool impur, entrent le tabac, le poivreon j>'rains et los piments routes*. Les chefs, faisant parade do leur richesse,ont tou jours devant eux la calebasse pleine d’eau-do-vio et passent hoirs joursdans l’ivresse: dos femmes donnent la sangara en meme _ s que le laità leurs enfants; les malheureux grandissent hébétés et l’on ne peut en fairequelles tié/Io, c’est-à-dire des sicaires qui vont piller les villages, dévasterles récoltes, tuer les hommes, suivant les ordres de leurs maîtres. Kl pour-tant au commencement du dix-huitième siècle l’usage de l’eau-de-vien’élail point connu de « ces bonnes gens » et ne les avait point encoregâtés : « cela ne manquera pas d’arriver, ajoutait lîrüe, si les blancspassent souvent dans le pays*. » Les blancs sont venus et la race est cor-rompue: mais ce même commerce européen, qui fournit aux Serer lahideuse boisson, leur demande aussi du bétail, des arachides, du coton etautres denrées, et les indigènes, qui sont d’excellents agriculteurs, obtien-nent d’année en année des moissons plus abondantes. Là aussi, mêmedans ce milieu corrompu à certains égards, il est à espérer que la paix etle travail produiront leurs conséquences naturelles pour la moralisation del’homme. L’esclavage n’existe pas chez les Serer Anne : n’ayant jamais eude captifs, ce sont les indigènes les plus honnêtes et les plus laborieux.

Les nègres qui dominent dans les contrées du Sénégal moyen, connu jadissous le nom de « pays de (îalam », sont généralement désignés sous lenom de Sarakolé 1 * 3 , et se disent eux-mêmes Soninké, mot (pii est pris enmauvaise part sur les bords de la Kambie : là il est synonyme d’impie etd’ivrogne 4 5 , quoique son véritable sens, d’après quelques auteurs, soit« homme blanc »; mais cette acception n’est [dus vraie de nos jours, sielle le fut jamais'. Dans le (iangaran, entre les deux branches maîtressesdu Sénégal , l'appellation des Soninké est celle de (iangari. M. Bérenger-Kéraud les considère comme un groupe ethnique complètement distinctde ses voisins Bambara et Mandingues, _\|. Quintin les rattache aux Son-rhaï du moyen Niger et. les croit légèrement croisés de Berbères , ce «pii

1 Iléreuger-Féraml, ouvrage cité.

- I.alial, ouvrage cité ; — lierlioux, André Rri'te.

■' Saraeolais, Sarraeolets, Serreklioulé, Seracouli, Serawouli, Assouanek, ele.

1 i’iuel-l.aiirade, mémoire eilé.

5 Kr. Muller, Allgemeine Ethnographie; — Koliu, Revue Française, mai I88R.